Stromae, le Belge le plus célèbre du monde

Comme l’affirme Baronian dans notre interview, il ne peut être que Belge. Retour sur une déflagration nationale. 

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L’aventure « Racine carrée » est un rêve éveillé. Pour Stromae comme pour ses fans, à commencer pas les Belges, qui ont assisté les yeux écarquillés à une ascension totalement inédite. Quelques rendez-vous ont marqué cette épopée comme le récent et triomphal sold out au Madison Square Garden de New York. Ou sa chorégraphie illustrée de projections synchrones aux Victoires de la musique en février dernier. De quoi infliger au reste de la soirée un impitoyable coup de vieux.

Accueilli par Les Guignols de l’info, adoubé par Lorde, Will.i.am et Madonna, invité par Daft Punk à célébrer leur Grammy Award aux côtés de Stevie Wonder, Paul McCartney, Jay-Z et Beyoncé, Paul Van Haver est devenu le Belge plus célèbre du monde. Mais à Kigali, les Rwandais ont une opinion un peu différente. « Il n’est pas à moitié Rwandais, on ne précise jamais le degré: il est Rwandais, c’est tout », nous confie Nelly de Kigali. « En quelques années, le Rwanda est devenu anglophone mais, le temps d’un soir, Stromae a rendu Kigali à nouveau francophone » s’enthousiasme-t-elle, encore époustouflée par le concert auquel elle vient d’assister avec 20.000 autres fans.

Quelques semaines plus tôt, à New York, l’artiste a rempli le Madison Square Garden. Le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères étaient présents ainsi qu’un contingent non négligeable de Français et de compatriotes. Les spectateurs américains débordaient d’enthousiasme. Comme Alisha et Gabrielle, deux jeunes filles blacks venues du Queens pour applaudir leur idole dont elles connaissent toutes les paroles par cœur. « I’m learning », nous explique pourtant l’une d’elles lorsqu’on lui demande si elle parle français. Le monde à l’envers en quelque sorte.

« Il n’est pas à moitié Rwandais: il est Rwandais. »

A New York comme à Kigali, Stromae alterne français et anglais pour communiquer. Dans ses chansons il malaxe la langue française, en détourne brillamment les mots. Et c’est au pays de son père, disparu lors du génocide, que sa chanson Papaoutai prend toute sa dimension. Sa musique, elle, quelque part entre Jacques Brel et Major Lazer a conquis la planète, boostée il est vrai par un sens peu commun du teasing et une série de vidéos plus efficaces les unes que les autres. Mais que faire après « Racine carrée »? Il livre un début de réponse. « Je vais essayer de retrouver une vie normale. J’ai envie d’écrire pour d’autres. En tout cas, sortir un peu des spotlights. »

Des chiffres

Stromae, c’est près d’un milliard de vues sur Youtube, une tournée mondiale rassemblant 1.270.000 spectateurs en 209 concerts. C’est aussi 3.700.000 albums vendus dans le monde. En détail, ça donne 275.000 albums vendus en Belgique, 100.000 aux Pays-Bas, 140.000 en Allemagne ou encore 80.000 aux Etats-Unis. En France il est quintuple disque de diamant avec 2.500.000 exemplaires. Stromae compte aussi 2.316.000 abonnés sur Twitter, 228.000 sur Instagram et 7 millions de fans sur Facebook.

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