The Knick, une saison 2 qui s’ouvre au monde

Plus qu'une deuxième salve, c'est un nouvel univers qui se construit petit à petit dans le New York bouillonnant de 1901.

knick

Où en étions-nous?

Chirurgien en chef de l’hôpital Knickerbocker, John Thackery (époustouflant Clive Owen), nourrit son talent et sa recherche de techniques d’intervention révolutionnaires à grands coups de cocaïne. L’infirmière Lucy (Eve Hewson), qui en est bleue, se coupe en dix pour lui fournir ses doses, mais il coule peu à peu. On peut heureusement compter sur le docteur Algernon Edwards (Andre Holland), médecin brillant, lui aussi, qui doit pourtant lutter pied à pied face au racisme omniprésent. Comme il doit accepter que Cornelia (Juliet Rylance), la femme – blanche – qu’il aime et qui l’aime se fasse avorter et en épouse un autre. Mais l’addiction de Thackery éclate au grand jour, et il est interné dans un établissement spécialisé où on utilise un traitement miraculeux contre les toxicomanies: l’héroïne.

Et maintenant?

Si la petite Lucy nourrit ses illusions en envoyant des lettres enamourées à Thackery, le toubib, plus allumé que jamais (et pour cause) pratique dans sa chambre des opérations payées en héroïne. Le « Knick » original vit ses dernières heures: le personnel travaillera  bientôt dans un autre bâtiment, en construction dans un quartier chic de la ville – une façon d’éviter de soigner gratuitement tous les loqueteux. Edwards a pris la place de Thackery, qu’il compte bien garder, et évacue sa frustration la nuit en bagarres de rue. Résultat: un décollement de la rétine qui commence à le gêner lorsqu’il opère. Parmi les autres médecins de l’équipe, Bertie (Michael Angarano), le bon élève, boude toujours Lucy qui n’a pas voulu de son amour, et Gallinger (Eric Johnson), dont la femme a perdu la raison en même temps que leur fille, veut revenir travailler. Mais comme il n’est pas question pour lui d’obéir à Edwards, il est décidé à ramener Thackery coûte que coûte…

Alors?

Réalisée par Steven Soderbergh et servie par une distribution éblouissante, The Knick a réussi à passionner d’emblée. Parce qu’on y réalise ce qu’était la chirurgie à une époque qui maîtrisait à peine la médecine. Parce qu’on y découvre New York écartelée entre une écrasante misère et une aristocratie qui ne connaît que l’argent. Une ville entre un XIXe siècle boueux et un raz-de-marée d’inventions qui promettent un avenir radieux. Quelque part entre une société qui a créé l’apartheid – de couleur, de classe, de sexe – et un vent d’émancipation. Cette deuxième saison, plus tournée vers l’extérieur (les images sont grandioses), met un peu trop d’application à nous remettre dans le bain. Alors qu’on voudrait replonger dans la vie intime des personnages, Soderbergh trace les faits (Cornelia à San Francisco, sœur Harriet en prison, le directeur Barrow au septième ciel) et prend un malin plaisir à nous inviter au cœur d’opérations particulièrement gore, comme pour recentrer l’histoire sur la médecine plutôt que sur ses héros. Pourvu que la suite amène plus de chair que de sang…

Sur le même sujet
Plus d'actualité