Cary Joji Fukunaga: «Les enfants-soldats gardent une part d’innocence»

Réalisateur heureux de la première saison de True Detective, Cary Joji Fukunaga revient au cinéma avec Beasts of No Nation, film sur la problématique des enfants-soldats, à voir sur Netflix. Rencontre express.

beasts

Disponible sur Netflix depuis vendredi, Beasts of No Nation retrace l’histoire d’Agu, 12 ans, enrôlé de force dans l’armée rebelle du Commandant, dans un pays africain imaginaire. Un sujet déjà évoqué en 2008 dans le remuant Johnny Mad Dog qui, contrairement à Beasts, mettait en scène d’anciens enfants-soldats. Après deux films (Sin Nombre et Jane Eyre) et une série d’anthologie (True Detective), Cary Joji Fukunaga adapte le roman d’Uzodinma Iweala. Un film qui ne sortira en salles qu’aux Etats-Unis et en Angleterre afin de pouvoir concourir pour les Oscars.
 
Avant de vous lancer dans Beasts of No Nation, avez-vous regardé d’autres films sur les enfants-soldats comme, notamment, Johnny Mad Dog?
Cary Joji Fukunaga
  – Oui, mais j’ai écrit le scénario de Beasts en 2006, deux ans avant la sortie de Johnny Mad Dog, que je trouve très bon, notamment par son utilisation d’acteurs amateurs. Mais comme ce film a eu droit à une sortie conséquente, Focus Features, la maison de production de l’époque, a décidé de mettre Beasts entre parenthèses pour finir par ne pas le produire. Pour que le film puisse se faire, j’ai d’abord dû racheter les droits du bouquin puis ceux de mon scénario qui appartenait encore à Focus Features.  

Le choix d’Idris Elba était-il une évidence?
C. J. F. – Il était le premier sur ma liste. J’avais besoin d’un acteur capable de jouer toute la complexité du Commandant. J’ai eu de la chance car il a tout de suite accepté.
 
Dans une scène, le temps semble s’arrêter. On y voit les enfants rire, jouer, danser. Est-ce une manière d’illustrer ce qu’il leur reste d’humanité?
C. J. F.
– Pas seulement leur humanité mais aussi leur innocence. Avant d’être des soldats, ils sont et restent des enfants. Ils restent attirés par des petites choses – un bonbon, par exemple. Il était donc intéressant de montrer que les deux peuvent coexister: la violence et cette innocence.
 
Pensez-vous que des personnages comme le Commandant ont des idéaux ou ne pensent-ils qu’au pouvoir ?
C. J. F.
– On pourrait se poser la même question à propos des politiciens… (sourire en coin)
 
Quelle a été votre implication sur la saison 2 de True Detective?
C. J. F.
– Je n’y ai pas vraiment participé. Comme j’ai réalisé la saison 1, je reste producteur exécutif sur la série mais je n’y ai rien apporté car j’étais déjà occupé sur Beasts of No Nation.

 

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