U2 au Sportpaleis: le débrief

Le groupe irlandais donnait ce mardi le premier de ses deux concerts belges complets. Ce n'est pas leur meilleure tournée mais il y a eu de grands moments.

U2©Benoît Bouchez

Photo: ©Benoît Bouchez

« Vous vous souvenez de nous? Nous n’avions pas l’intention d’être absents si longtemps. On s’est quelque peu perdu dans nos chansons mais nous avons finalement trouvé notre chemin pour Anvers et vers ce petit pays « magnifiquement formé » qu’est la Belgique. Nous aussi on vient d’un petit pays « magnifiquement formé... »

Voilà comment Bono  s’est présenté à la foule, ce mardi 13 octobre, pour le premier des deux concerts complets de U2 au Sportpaleis d’Anvers. Il était alors près de 21h et le groupe avait déjà balancé quatre morceaux: The Miracle (Of Joey Ramone), The Electric Co., Vertigo et I will follow.  Comme son nom de baptême le laisse supposer, cette Innocence + Experience Tour  nourrit sa trame narrative des souvenirs d’enfance (le Dublin des 80, les débuts du groupe), tout en s’appuyant  sur les acquis (les hymnes épiques avec  « woah-oah »  dans les chœurs,  les bons tuyaux de Bono le bon Samaritain).    Et si on a  vu des concerts de U2 bien plus intenses dans le passé que celui donné ce mardi,  nous avons été particulièrement touchés pour la partie « Innocence » de leur prestation. On vous débriefe tout ça…

 

> Le répertoire. 

Il faut laisser à U2 la volonté de toujours varier les plaisirs. Sur cette nouvelle tournée mondiale, le groupe a déjà joué 45 morceaux différents. Ce mardi,  la bande à Bono a fait plaisir à son fan base en déterrant The Electric Co (exhumé de son premier album « Boy »), Invisible  (un des morceaux bonus de « Songs for innocence ») ou encore October, plage titulaire de son  deuxième album paru voici 34 ans. U2 a aussi le mérite de toujours défendre son dernier album « offert » voici un an via iTUnes. Six chansons de « Songs of Innocence » ont été interprétées mardi. Et puis, of course, il y a eu les tubes, mais pas toujours dans les versions qu’on attendait.   Fidèles aux versions originales, Where the streets have no name, Pride (In the name of love) ou l’inusable One ont donné des frissons. Sunday bloody sunday et I will follow sont,  par contre, réarrangés et ce n’est pas forcément une bonne idée.

> Le groupe.

Mention spéciale à la section rythmique. Le toujours élégant Larry Mullen Jr à la batterie et le désormais assagi Adam Clayton sont à la fois sobres dans le jeu et conquérants dans la manière d’imposer le groove. Même sur les parties plus acoustiques jouées au milieu de la foule, ce sont eux qui tiennent la boutique.  En électron libre, The Edge assène riff sur riff, sautille comme un gosse sur les chansons les plus up-tempo et ne semble pas encore lassé de la réaction du public lorsqu’il envoie les intros de Where the streets have no name ou Pride.  Et Bono? Bon, on ne va pas se faire des amis. Bono a pris du poids et devrait renvoyer son coiffeur (sa coupe et sa nouvelle teinte de cheveux sont à la fois un hommage aux dockers anversois et aux barakis). Il en fait des tonnes (sur les réfugiés, la paix dans le monde),  mais quand il baisse la garde, il sait aussi se montrer particulièrement touchant. Quand il montre sur les écrans un portrait en dessin animé d’un jeune Bono joue de la gratte dans sa chambre d’ado, il dit : « cette chanson là, je suis toujours occupé à travailler dessus« .  Bono fait aussi un beau numéro de charme en invitant une spectatrice blonde et bruxelloise à danser (très bien) avec lui sur Mysterious ways. Enfin, ses interprétations de One, Until the end of the world ou Iris (Hold me close) étaient particulièrement chargées d’émotion.

> La scène.

 Il n’y a pas une scène, mais deux scènes. Elles sont reliées entre elles par une passerelle et deux « palissades » d’écrans amovibles. Ça donne lieu à des « tableaux » très visuels, mais aussi à beaucoup de temps morts.  On se demande  parfois ce que Larry Mullen Jr vient faire avec son tambour au milieu de la foule Cette impressionnante structure impose aussi au groupe une discipline assez stricte dans ses mouvements et, par conséquent, freine sa liberté d’expression. Pour les écrans, mention spéciale aux images (archives ou fictives en dessin animé) du Dublin de l’innocence.  Par contre, les plans séquences des villes anéanties de Syrie et des réfugiés, ça fait un peu clip à la Francis Lalanne. Il fallait l’évoquer, certes, mais peut-être pas en rajouter.

> Trois moments forts.

1) Le triptyque dublinois avec Iris (Hold me close) dédié à la maman de Bono, Cedarwood Road et Song for someone.

2) L’enchaînement de Where the streets have no name, Pride (in the name of love), With or without you où U2 rappelle ce qu’il apporté à la cause rock.

3) One au rappel qui met tout le monde d’accord.

 

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