Pourquoi les Diables sont n°1 mondiaux?

Outre ses bons résultats, la bande à Wilmots a pu compter sur la chance, et quelques particularités comptables, pour se hisser au sommet du classement FIFA.

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Avant, désigner la meilleure équipe du monde, c’était simple. On désignait celle qui avait gagné le dernier mondial en date. Aujourd’hui, il y a le classement FIFA. Et, le 5 novembre prochain, ce sera la Belgique qui y trônera en première position! On remarquera une certaine logique à nous décerner, à nous, pays du surréalisme, cette place d’honneur alors que nous n’avons jamais gagné une compétition d’envergure et que nous n’avons pas dépassé les quarts de finale lors de la dernière Coupe du monde. Reste que tout cela demande un peu d’éclaircissements…

Ne rentrons pas trop dans le détail comptable de la chose. Rappelons juste que le calcul des points d’une équipe au classement prend en compte ces quatre facteurs: résultat du match joué, importance du match, valeur de l’adversaire et valeur de la « région » à laquelle appartiennent les nations. D’ailleurs, ce n’est pas ce mode de calcul qui a avantagé la Belgique, mais plutôt le fait que le classement FIFA est essentiellement basé sur la régularité, vu qu’il prend en compte les résultats enregistrés sur les quatre dernières années de compétition. Or, dans ce domaine, et ça personne ne pourra l’enlever à la bande à Wilmots, la Belgique a effectivement de beaux arguments à faire valoir: en deux campagnes de qualification et une coupe du monde, elle présente un bilan de 20 victoires sur 25 matches officiels. Et seulement deux défaites. Un gros progrès, sachant qu’il n’y a pas encore si longtemps, un nul au Kazakhstan passait pour un résultat honnête pour les Diables rouges.  

L’autre facteur ayant largement avantagé la Belgique est tout simplement… la chance. Lors de ces 25 derniers matches, elle n’a du affronter en fait qu’un seul véritable ténor du foot mondial: l’Argentine. Avec une défaite à la clé… La « patte de lapin » de Marc Wilmots a fait le reste. Que ce soit en qualifications ou en phase de poule au Mondial, on ne peut pas dire que le sort se soit acharné sur nous. Soit il s’agissait d’équipes faibles, soit d’équipes présentées comme des épouvantails, mais qui étaient en fait en pleine phase de reconstruction (Russie, Croatie, Serbie). Sans compter le récent faux pas simultané et assez inespéré de l’Argentine en Équateur et de l’Allemagne en Irlande, qui nous ont permis de leur passer devant.

Mais les Belges ne doivent pas cette première place aux seuls avantages qu’ils auraient pu tirer du système. Les absurdités dont on été victimes nos adversaires ont aussi contribué à faire dégringoler ceux-ci au classement. Par exemple, le désavantage certain imposé aux pays organisateurs de grandes compétitions. Ceux-ci, privés de matches à enjeux, ne vivent que de matches amicaux, « moins rémunérateurs » pour le classement. On a ainsi vu le Brésil descendre à la 22e place juste avant sa Coupe du monde. Une 22e place à laquelle on retrouve justement aujourd’hui la France… organisatrice du prochain Euro. 

Pour gagner des points au classement FIFA, certaines équipes ont même sciemment profité des failles du système. Vu que le classement FIFA sert à désigner les têtes de séries lors des Coupes du monde, la Suisse s’est contentée de jouer trois matches amicaux en un an afin de figurer en ordre utile. Les Helvètes avaient calculé que s’ils en jouaient plus, même en cas de victoire, ils descendraient au classement! Pour les mêmes raisons, la fédération roumaine, sur les conseils d’un consultant, n’a organisé qu’un seul match amical dans l’année qui a précédé le tirage au sort des groupes de qualification pour la Coupe du monde 2018. Pour lequel elle a été désignée tête de série…

Que valent alors vraiment nos Diables rouges? Au classement UEFA, qui fonctionne sur des critères différents, ils ne sont que 7e (ce qui leur suffira pour être tête de série au prochain Euro). Pour protester contre l’absurdité du classement FIFA, un ranking dit Elo, inventé à l’origine pour classer les joueurs d’échec et qui se veut plus logique, a été mis en place (bizarrement, la FIFA l’applique, mais uniquement pour le foot… féminin). L’Allemagne y figure actuellement toujours en tête. Et les Diables rouges en dixième position. Premiers? Septièmes? Dixièmes? Un bon Euro, où les Belges auraient fait valser deux ou trois ténors, pourrait utilement trancher la question.

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