La Wallonie encore génétiquement modifiée ?

La Région wallonne a décidé d’interdire la culture d’organismes génétiquement modifiés. Malgré cela, les OGM ne sont pas près de disparaître...

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En Wallonie, comme ailleurs dans l’Union européenne, une septantaine d’organismes génétiquement modifiés (OGM) peuvent être légalement utilisés… principalement dans l’alimentation animale et humaine. Ce qui fait régulièrement bondir les associations respectueuses de l’environnement, mais pas seulement. Car en plus de l’impact évident sur la biodiversité et notre écosystème (contamination des terres agricoles et de la chaîne agro-alimentaire, par exemple), les OGM peuvent avoir des effets négatifs sur la santé des consommateurs. Et ce, scandent les opposants des OGM, même si l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) estime qu’il n’y a aucun risque sanitaire et environnemental à utiliser les OGM qu’elle autorise.

En voyant les choses de cette manière, cette décision du gouvernement wallon est donc une victoire. Mais elle ne signifie pas pour autant que plus aucun OGM ne sera présent dans la région. Cette interdiction se limite à la culture! Ce qui, en soi, fait déjà grincer quelques dents. Certains agriculteurs dénoncent en effet l’attitude de la Région wallonne qui ne tiendrait pas compte de leurs besoins réels : ceux de cultiver plus vite des produits de meilleure qualité. Interdire les OGM reviendrait simplement, selon eux, à refuser une innovation technique.

Et puis, il est encore tout à fait possible d’acheter et de consommer des OGM venus tout droit d’un des 27 pays au monde qui en cultivent. Si la Wallonie, comme la France, la Hongrie ou les Pays-Bas, devront s’abstenir de semer des grains de maïs OGM, les Espagnols et les Britanniques auront le droit de le faire… Tout comme la Flandre qui continuera au moins jusqu’en 2020 puisqu’un champ avec des peupliers génétiquement modifiés a été autorisé en 2013 pour une durée de sept ans. Bref, les agriculteurs wallons n’auront bientôt plus le droit de cultiver des OGM, mais les consommateurs en utiliseront toujours, via les produits importés de l’étranger. Le bannissement des OGM n’est donc pas pour demain. À moins qu’un front commun européen se lève pour une interdiction générale ? 

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