Le prix Nobel de la paix au « dialogue national » en Tunisie

Mérité ou pas ? L’histoire atteste que cette récompense est parfois un peu trop vite attribuée…

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Le syndicat historique en Tunisie UGTT, le patronat Utica, la Ligue tunisienne des droits de l’Homme et de l’Ordre des avocats ont reçu vendredi matin le prestigieux prix Nobel de la paix. Un quartette d’associations récompensé « pour sa contribution à la construction d’une démocratie pluraliste à la suite de la Révolution de jasmin de 2011. »

Ce prix Nobel est aussi certainement une manière d’aider la Tunisie à surmonter les tragiques attentats qui ont secoué le pays cette année. Le Musée du Bardo, en mars, qui a fait 22 morts, ainsi que celui de la plage de Sousse, en juin, qui en a fait 39. Il n’empêche que personne ne peut nier que ce dialogue a été crucial pour la Tunisie, car il a permis de garantir des droits fondamentaux à tous les citoyens, peu importe leur sexe ou leurs convictions politiques et religieuses. Mais même si le printemps arabe tunisien semble effectivement être une réussite, rien ne dit, à l’heure actuelle, que ces discussions n’ont pas simplement provoqué un élan de bon sens et que cette paix tunisienne ne s’essoufflera pas… Et l’histoire (même récente) en atteste: le comité Nobel confie souvent son prix un peu trop rapidement… Trois exemples, parmi d’autres.

Les accords d’Oslo. En 1994, le comité Nobel avait choisi de remettre sa récompense à Yasser Arafat, Shimon Peres et Yitzhak Rabin pour les accords de paix entre Israël et l’Autorité palestinienne. Deux décennies plus tard, le conflit est loin d’être résolu et le nombre d’actes violents, parfois mortels, n’a pas vraiment diminué.  

Barack Obama. Le président américain a reçu le prix Nobel de la paix en 2009, à peine entré en fonction. Obama avait en effet promis de sortir les États-Unis des conflits en Irak et en Afghanistan. Ce qu’il a fait. Mais aujourd’hui, la situation en Afghanistan est catastrophique. Barack Obama lui-même a présenté ses excuses à Médecins sans Frontières après avoir bombardé un hôpital à Kunduz qui a fait 22 morts, des civils, samedi dernier. Ce n’est pas mieux en Irak. Les Américains sont repartis en guerre l’an dernier face à l’organisation terroriste État islamique. Alors, Obama, prix Nobel de la paix ou de la… guerre ?

L’Union européenne. En 2012, c’était au tour de l’Union européenne d’être récompensée. Ça fait « sourire », aujourd’hui, quand on voit la gestion hasardeuse de la crise des migrants. Sans parler des murs de la honte entre les États membres et de la montée des populismes partout en Europe. Si ça c’est un climat paisible…  

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