Au Maroc, on torture toujours

Vidéo-choc, dessins insoutenables et rapports d'ONG, la torture, généralisée pendant les "années de plomb" sous Hassan II (père de l'actuel roi), serait très loin d'avoir disparu du Maroc.

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Il y a cette vidéo, que la Ligue des droits de l’Homme, le Mrax et Amnesty International ont finalement décidé de diffuser. On y voit Ali Aarraas, libraire belgo-marocain, en caleçon et le corps couvert de traces de torture, appeler à l’aide depuis son cachot. Condamné en 2010 à 12 ans de prison sur base d’aveux qu’il dit avoir été extorqués dans une prison secrète où il a été torturé pendant 12 jours (une enquête de l’Onu a confirmé qu’il avait été torturé), il en est aujourd’hui au 44e jour de sa sixième grève de la faim. Son état de santé est catastrophique aux dires de sa soeur qui a pu lui rendre visite, hier (8/10). Obligé de rester nu dans sa cellule, empêché de dormir la nuit, Ali a également détaillé les traitements qui lui ont été infligés dans des dessins insoutenables qu’il a pu remettre en cachette à des représentants de l’ONU en visite. Décharges électriques sur les testicules et sur les tempes jusqu’à lui faire perdre connaissance, coups de fouet, suspension de longues durées dans des positions insupportables, simulacre de noyade…
 
Malgré son interdiction légale et les multiples promesses des autorités de l’éradiquer, la torture est utilisée de façon « endémique pour arracher des aveux au Maroc et au Sahara occidentale », dénonce Amnesty International, dans son rapport de mai dernier. Il se fonde sur de nombreux témoignages et recense 173 cas de torture contre des hommes, des femmes et des mineurs d’âge, entre 2010 et 2014. De quoi rappeler que le Maroc n’a pas connu de Printemps arabe et que l’Etat fait preuve d’une poigne de fer pour parer à toute contestation.
 
« Les forces de sécurité démontrent un sentiment d’impunité éhonté, frappant des manifestants en public afin d’adresser un avertissement au reste de la population », dit encore le rapport d’Amnesty International. Des dizaines de cas de violences policières contre des manifestants et des passants, au grand jour et à bord de véhicules sont recensés. De quoi se poser des questions quant au partenariat entre policiers marocains (à Bruxelles et Anvers) et belges, l’année prochaine pour échanger de « bonnes pratiques »…

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