Ray McKinnon: «Rectify peut nous aider à ralentir»

Rencontre avec le créateur de Rectify, à l’occasion d’une saison 3 qui amorce quelques changements dans la vie du héros, Daniel Holden.

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On l’a vu dans Deadwood et Sons of Anarchy. Mais Ray McKinnon a laissé tomber le jeu d’acteur pour se mettre à table et écrire Rectify, magnifique série contemplative sur le destin de Daniel Holden (Aden Young, époustouflant), un homme revenu à la vie après vingt ans passés dans le couloir de la mort. Interview tout en douceur à l’occasion de la diffusion de la saison 3 sur Sundance Channel.

Dans cette saison, Daniel semble doucement trouver sa voie…
Ray McKinnon – Il y a clairement une certaine forme d’espoir. Une des grandes questions de la série est «Daniel peut-il trouver sa voie dans le monde?» Après tout ce qu’il a traversé et considérant sa nature, cette troisième saison parle beaucoup du pragmatisme nécessaire pour se frayer un chemin dans le monde. A un moment, on espère qu’il sera juste capable de ça.

Peut-on aussi voir Rectify comme la métaphore d’une société qui va trop vite, à l’inverse de Daniel qui prend le temps de (re)découvrir et profiter des plaisirs les plus simples?
R. McK.
– Tout à fait. Une des raisons pour lesquelles j’ai voulu raconter cette histoire et explorer ce personnage, c’ était pour commenter ce monde en désordre et m’aider personnellement à ralentir et le regarder sous un nouvel angle. Ces personnages peuvent d’ailleurs nous aider à voir tout ce qu’on rate, à nous rendre compte à quel point on a oublié de s’arrêter ne fût-ce que pour sentir une rose! Mais pour trouver sa voie, Daniel va devoir abandonner une partie de sa spontanéité, de sa capacité à être entièrement dans le présent et à profiter de la magie du monde qui nous entoure.

Connaissez-vous déjà la fin de Rectify?
R. McK.
– J’étudie certaines possibilités, une en particulier menée par Daniel et certains autres personnages. Vivre avec de tels personnages  – et les acteurs qui les incarnent – sur une période aussi longue est une expérience intéressante. Ce n’est pas une voie à sens unique, ils me montrent le chemin à prendre plus souvent que l’inverse.

Combiens de saisons envisagez-vous pour la série?
R. McK.
– J’espère que les dieux de l’écriture me feront savoir quand il est temps d’arrêter. Chaque saison pourrait être la dernière et pourtant, je continue.

De quel personnage vous sentez-vous le plus proche ?
R. McK.
– Mais ils sont tous comme mes enfants. Par moments, j’ai plus d’affinités avec certains qu’avec d’autres. Impossible de choisir! Je ressemble assez à Daniel… A d’autres moments, plutôt à sa sœur, Amantha (Abigail Spencer), qui n’a peur de rien, surtout pas d’être au plus près de la vérité. Je l’utilise d’ailleurs comme la voix de la sagesse dans certaines scènes.

Avez-vous eu des réactions de familles d’anciens détenus du couloir de la mort?
R. McK.
– Non, mais j’ai discuté avec des personnes qui en sont sorti. Même si Rectify ne parle pas de leur expérience propre, ils sont assez contents qu’on parle des cas de libération après des tests ADN.

Quel est votre point de vue sur la peine de mort aux Etats-Unis ?
R. McK.
– Dans la société, des gens font des trucs vraiment horribles. Et la société a besoin d’une sorte d’assurance pour que ces gens ne recommenceront pas. Mais le pire crime que l’Etat puisse commettre, c’est de donner la mort à quelqu’un, qu’il soit coupable ou non, qu’on en soit sûr à 100% ou non.

 

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