Décourager les migrants avec de la… pub

Messages de dissuasion dans des journaux et sur les réseaux sociaux, les pays européens font preuve d’originalité pour empêcher les migrants de venir chez eux.

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Théo Francken, le secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration a annoncé sur la chaîne flamande VTM qu’il allait convaincre les Irakiens de rester chez eux… grâce à Facebook. Le gouvernement a en effet décidé de payer des espaces publicitaires sur la version irakienne du réseau social pour diffuser des messages de dissuasion.  Selon le secrétaire d’État, 47 % des migrants de ce pays sont des hommes seuls âgés entre 25 et 45 ans. Ils ont donc très peu de chance d’obtenir le statut de réfugiés en Belgique. Dans le but de leur éviter un trajet long et périlleux, Théo Francken préfère les prévenir que « venir en Belgique ne donne pas en soi droit à des papiers et à un titre de séjour permanent ».

Mais il n’est pas le premier à user des médias pour dire aux migrants qu’ils ne sont pas les bienvenus. Le lundi 7 septembre, les Libanais avaient déjà pu lire dans quatre de leurs journaux quotidiens une campagne de découragement menée par le Danemark. Le gouvernement a en fait acheté des espaces publicitaires pour détailler les conditions d’installation sur son territoire… Réductions des allocations sociales pour les réfugiés, impossibilité de faire venir sa famille la première année, obligation de parler le danois… Bref, une « belle » politique anti-immigration qui a aussi inspiré la Hongrie. 

Plus menaçant que le gouvernement danois, le pays de Victor Orban a carrément écrit dans des journaux libanais que ceux qui voudraient rejoindre son pays risquaient la prison. Le texte précise malgré tout que les « Hongrois sont hospitaliers »... Pas avec les immigrants, de toute évidence. Trouvant cette campagne insuffisante, le Maire de la petite ville d’Asotthalom (dans le sud de la Hongrie), connu pour avoir dirigé un groupe d’extrême droite radicale, se montre encore bien plus dissuasif dans son clip intitulé « Message aux migrants illégaux de Hongrie » (voir ci-dessus). Ce dernier, diffusé en masse sur les réseaux sociaux et visionné à plus d’un million et demi de reprises, montrent des images anxiogènes de policiers, de militaires armés et d’hélicoptères de patrouille, le tout sur une musique de bande annonce de film d’action. Ça fait peur. 

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