Stromae gagne son pari new-yorkais sous les vivats énervants des politiques

Nouveau succès à épingler au phénoménal tableau de chasse du chanteur avec cette prestation jugée "sans faute" au Madison Square Garden. Un concert qui clôture sa tournée américaine et qui a offert aux politiques belges présents sur place une vitrine un peu énervante.

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Il n’est pas de hasard, il est des rendez-vous, pas de coïncidence, chante Etienne Daho et bien malin qui pourra dire si Stromae a eu le nez fin ou de la chance en programmant son concert new-yorkais en pleine séance de l’assemblée générale de l’ONU.

De la prestation, on en dira peu. Pour deux raisons.

La première est très simple: nous n’étions pas présents sur place et il est toujours préférable de voir un concert pour en parler. La seconde est évidente: tout a été dit sur la tournée du Maestro. Ce qu’il a accompli en trois ans est juste phénoménal. En ajouter chaque fois des couches ne sert pas l’artiste qui mérite que l’on parle de son art et non des buzz qu’on lance autour de lui. Non, Stromae n’est ni le premier artiste francophone ni le premier Belge à jouer dans la salle mythique de New York. Adamo, Lara Fabian (en tant qu’invitée), Céline Dion, Toots Thielemans (en tant qu’invité) et Charles Aznavour l’ont fait avant lui. Cette vérité, qui tout de suite fait moins de clics, n’enlève pas une note au mérite du Paulo qui n’a pas besoin qu’on lui invente des exploits. Son palmarès réel parlant largement en sa faveur.

En revanche, du public et de son attitude, nous pouvons en parler. Nous ne visons pas la foule compacte (20.000 personnes quand même) d’expatriés belges et français, Américains curieux, diplomates onusiens en goguette, enthousiastes pendant et après le concert.

Mais des politiciens belges, plus prompts à défendre la culture sur les réseaux sociaux à coup de selfies et de photos médiocres (Didier, il faut cadrer) que d’être réellement sur le terrain pour aider les artistes belges à vivre de leur art, là, on peut en parler.

Est-ce que notre Premier Ministre était-il un interlocuteur valable pour donner un avis de chroniqueur culturel improvisé sur les réseaux sociaux et à la radio? Franchement? Bof.

A l’heure où les artistes doivent se battre avec les administrations pour défendre leur statut, à l’heure des coupes sombres dans les subsides des théâtres, salles de concert,… qui réduisent de facto l’offre culturelle belge et les espaces disponibles pour permettre aux artistes de s’exprimer, était-il utile que les politiques, pour rappel présents à New-York pour l’assemblée générale de l’ONU, s’exposent ainsi? La réponse s’impose d’elle-même. Comme un refrain de Stromae.

 

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