Heroes Reborn: le retour de la vengeance des fils de Heroes

Etait-ce bien nécessaire?

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On se plaint souvent du manque d’imagination des producteurs télé mais on a pour cela d’excellentes raisons. Alors qu’on cherche encore celles qui justifient la renaissance forcée de séries qui sont passées en deux temps trois saisons du culte au patatras, sans même être assez vieilles pour susciter la nostalgie.

Comme Prison Break. Ou Alias. Ou Heroes, dont la suite, Heroes Reborn, a démarré il y a quelques jours sur NBC avec un double épisode vecteur de méningite.

Février 2010

Heroes se termine aux Etats-Unis après une carrière de 4 saisons qui a déçu la plupart des fans emballés par le postulat de départ:

Quelques individus quelconques se découvrent des pouvoirs prodigieux et inquiétants. Tous veulent comprendre ce qui leur arrive, savoir s’ils sont seuls dans leur cas et surtout cacher au monde leur talent très particulier. Petit à petit, l’univers de superhéros du quotidien fait place à un monde de ténèbres où rien n’est offert, où les dons se révèlent de vraies malédictions et où une Compagnie secrète toute-puissante manipule les apparences pour contrôler le monde. Argh. Heureusement, après des dizaines de morts et de mystères inexpliqués, la Compagnie est dissoute, le bien triomphe du mal, les « evos » (« spéciaux » en VF) se révèlent au grand jour et peuvent enfin respirer. Nous aussi.

Septembre 2015

L’histoire reprend quatre ans plus tard. Un personnage connu, Noé Bennett (Jack Coleman), veut rejoindre sa fille à un grand rassemblement fraternel humains-evos, à Odessa, Texas. Mais une bombe provoque un massacre. Noé s’en sort sans une égratignure, en cherchant désespérément Claire dans un décor d’apocalypse…

Un an passe à nouveau, qui change tout. Traumatisées, l’opinion publique, les autorités, la rumeur attribuent l’attentat à Mohinder Suresh (Sendhil Ramamurthy), héros de la série originale. Finie la belle entente cordiale. L’époque est à la traque systématique et les evos se planquent.

On découvre nos nouveaux héros. Tommy Clarke (Robbie Kay, le Peter Pan de Once upon a Time – photo), un ado qui peut faire disparaître gens et choses du bout des doigts. Miko Otomo (Kiki Sukezane), une jeune Japonaise qui devient la « fille au katana » dans un jeu vidéo. Un garagiste latino qui se transforme en héros masqué sous le nom folklorique de El Vengador. Et certains des traqueurs, comme Luke et Joanne (Zachary Levi et Judith Shekoni), qui veulent faire payer aux evos la mort de leur fils à Odessa. Quant à Noé, il habite désormais une maison de banlieue avec une amoureuse blonde. Jusqu’au jour où un homme étrange l’aborde en prétendant détenir des informations…

Mais encore

Si à la fin du pilote on a envie de suivre certains personnages, on a surtout envie de se plonger la tête dans l’eau froide. Car ces 90 minutes sont interminables, éclatées en séquences courtes, qui zappent d’un personnage inconnu à un autre, sans explication. Les fils de l’histoire se propagent et se croisent comme la descendance d’un couple de lapins sur 20 générations. Pour s’y retrouver, il faut avoir l’âme d’un généalogiste monomaniaque, un carnet de notes et Internet sur sa tablette. Sinon, on décroche.

Quoi que consomment les scénaristes, ils en prennent trop. Car Heroes Reborn a dès le premier épisode la complexité de Heroes saison 3. En jouant à saute-mouton avec la fraîcheur et la mise en condition des débuts, qui permet de s’attacher aux personnages, la série épuise avant de captiver et perd des téléspectateurs à chaque virage.

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