Les Revenants, le come-back

La série de Canal+ entame enfin sa deuxième saison après trois ans d'absence. Une résurrection.
 

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Trois ans, c’est long. Le temps de faire son deuil, d’oublier les morts et les vivants aussi. Une éternité dans la temporalité sérielle, de quoi passer de l’omniprésence à l’oubli pur et simple. Et pourtant, c’est le temps qu’ont mis Les Revenants de Canal+ à… revenir à l’écran. Pas question de parler de coquetterie, non, ce délai s’explique plutôt par une conjoncture de « problèmes », comme celui d’assurer le service après-vente à l’étranger (remises de prix, remake,…) de ce projet acclamé par les critiques et par le public, mais surtout en raison d’une lenteur de production caractéristique des fictions françaises en raison de la phase d’écriture des séries, qui bien souvent ne s’effectue qu’avec une équipe réduite de scénaristes et non pas une cellule entière affectée au scénario comme cela se fait aux USA, et ce malgré son budget confortable (13 millions d’euros). Difficile, dans ce cas de figure, de réapparaître dans le coeur des gens sans une piqûre de rappel de la saison 1, ses doutes et la fascination un peu glauque que le retour des morts opérait sur nous.
 

On en était où?

Retour en 2012. En plein hiver, nous découvrions un peu ébahis les premiers épisodes des Revenants, sa bande son hypnotisante composée par Mogwai, son village de montagne angoissant surmonté d’un énorme barrage, son atmosphère glaçante où certains morts ressuscitent et ses intrigues lentes et sophistiquées. Rien à voir avec les zombies de Walking Dead, ici les morts-vivants ont figure humaine, une faim gargantuesque et aucun souvenir de ce qui leur est arrivé. Camille la rousse, Simon l’amoureux suicidaire, le taiseux Victor, le meurtrier Serge, la belle Lucy et l’intrigante Madame Costa avaient presque tous fini par disparaître mystérieusement dans les bois lors d’un final énigmatique où l’on devinait l’assaut des morts venus récupérer les leurs, réintroduits dans leurs vies « d’avant ».   
 

Et maintenant?

Six mois se sont écoulés depuis l’attaque du chalet, le village de montagne réapprend à vivre après la disparition de certains de ses habitants, revenants comme vivants, qui vivent en fait de l’autre côté du village séparé par les eaux. Encore en partie inondée après l’explosion du barrage, la petite ville bénéficie de l’aide logistique de l’armée. Dans ce premier épisode intitulé « L’Enfant », on retrouve Adèle, très enceinte de Simon, en plein cauchemar. Inévitablement, certains personnages ont changé, comme le petit Victor (Swann Nambotin) qui a pris trois ans dans les jambes, mais qui heureusement, n’affiche pas encore de duvet disgracieux en dessous du nez. De nouveaux « revenants » font également leur apparition lors de ce premier numéro de la deuxième saison avec l’arrivée d’un certain Berg qui semble en savoir énormément sur la situation.
 

Ca vaut la peine?

Atmosphère glaçante, esthétisme ultra-reconnaissable, contexte intrigant et mystère prenant, ces deux premiers épisodes prennent à la gorge, réinstallant d’emblée le malaise latent qui nous a tellement fasciné lors de la première saison. Et même si la confusion entre les personnages est inévitable après tant d’attente, l’engouement pour la série renaît rapidement. Du côté des audiences par contre, le score n’est pas mirobolant: contre 1,4 million  de téléspectateurs lors du lancement des Revenants, la série n’a rameuté que 610.000 fans. Patience, il faut juste qu’ils reviennent.
 

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