Downton Abbey, le lancement de la saison 6

La dernière salve vient de démarrer sur la chaîne britannique ITV, dans un esprit résolument positif.

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La fin de la 5e saison nous a laissés aussi désemparés que la famille Crawley et son personnel.

Robert, le patriarche, a du mal à se faire aux changements économiques et sociétaux apportés par les trépidantes années 20. Tom Branson, son gendre, va quitter le domaine avec Sibby et refaire sa vie aux Etats-Unis. Désolé de les voir partir, Robert apprend dans la foulée que Marigold, le bébé des fermiers recueilli au château, est en fait le fruit des amours d’Edith et de Michael Gregson. Rien d’étonnant à ce qu’il se paie un ulcère!

Même les douairières se retrouvent fort seules: lady Violet, la mère de Robert, a laissé filer son prince russe, et cousine Isobel a renoncé à épouser Lord Merton devant l’opposition farouche de son fils, pour leur éviter une guerre familiale.

Aux cuisines aussi, l’ambiance est douce-amère. On se réjouit pour Carson et Mrs Hugues (photo), qui vont se marier. Mais du côté du couple Bates, c’est toujours la galère. Violée par Alex Green, le valet de Lord Gillingham, Anna a appris avec soulagement la mort de son agresseur. Un soulagement de courte durée puisqu’elle s’est fait arrêter, dénoncée par un « témoin ».

Si elle a pu regagner le château lors de l’épisode de Noël, libérée sur parole, rien n’est réglé pour autant…

Acte 6, scène 1

Au début de cette nouvelle saison, l’épée de Damoclès est toujours suspendue au-dessus de la tête d’Anna. De plus, la jeune femme, qui veut désespérément des enfants, n’arrive pas à mener une grossesse au-delà de quelques semaines. Mais pour elle comme pour les autres membres de la « famille » de Downton Abbey, les bonnes nouvelles s’enchaînent, au point que cet épisode inaugural a des allures de happy end. On a même droit à une série de séquences hilarantes, quand Mrs Hugues avoue à Mrs Patmore qu’elle craint de décevoir son futur époux s’ils devaient, euh, s’il voulait, s’il envisageait que leur mariage amène un, euh, rapprochement physique. Et voilà la pauvre cuisinière obligée de servir d’intermédiaire entre deux fiancés que trente ans (au moins) de célibat n’ont pas aidé à décoincer. Par ailleurs, le torchon recommence à brûler entre Isobel et Violet, dont le travail pour le même hôpital passe évidemment par des visions diamétralement opposées.

Dès les premières secondes du générique, on est à nouveau happé par cette « slow TV » si délicieusement britannique, et on retrouve avec une affection infinie ce clan complexe qui nous semble pourtant plus lointain que les tribus de Rendez-vous en terre inconnue. Pour cette dernière saison, le créateur et coscénariste de Downton Abbey, Julian Fellowes, souhaitait avant tout garantir aux téléspectateurs le même niveau d’exigence jusqu’aux dernières secondes.

Pas d’inquiétude à ce sujet. Fidèles à eux-mêmes, les comédiens prennent un malin plaisir à distiller les petites phrases avec cette absence d’effets, et cette finesse dans les nuances du regard et du demi-sourire qui font le sel et l’élégance de la série.

Et ensuite?

On espère déjà savourer le même bonheur dans les prochaines œuvres de Fellowes: Doctor Thorne, un téléfilm en 3 épisodes adapté du roman de Anthony Trollope, pour ITV, et The Gilded Age, une série qu’il doit écrire pour la chaîne américaine NBC et qui évoquera le destin d’une poignée de riches New-Yorkais au dix-huitième siècle.

Enfin, pour la petite histoire, sachez que le « petit cottage » de lady Violet Crawley (une maisonnette de 550 m2, plantée dans un parc de 19 hectares à Bampton et baptisée Byfleet Manor) vient d’être vendu pour 6 millions de livres sterling, soit 8,13 millions d’euros. Un prix nettement surévalué par rapport au marché immobilier dans la région, l’Oxfordshire, vu l’intérêt suscité par la série.

Si vous voulez faire un tour par là: www.oxfordshirecotswolds.org/plan-your-visit/towns-and-villages/downton-abbey-film-locations

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