Theo Francken entre polémiques et popularité

Le très controversé secrétaire d'Etat à l'Asile et à l'Immigration gagne en popularité partout en Belgique, baromètre politique à l'appui. C'est qu'en dix mois, l'exercice du pouvoir et la crise des réfugiés ont astiqué et lissé le cuir épais du jeune molosse NV-A.

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Depuis une petite année de gouvernement Michel, le secrétaire d’Etat à l’Asile et à l’Immigration a déjoué tous les pronostics. Ni ses fréquentations d’extrême-droite, ni ses tweets corrosifs, ni son naturel sanguin n’ont coûté son poste au zélé ministre NV-A. Bien sûr, il profite, jusqu’ici, de la protection totale de son président de parti Bart De Wever mais surtout, il maîtrise  ses dossiers et bosse dur. D’autant plus dur que son département connaît l’un des moments les plus chargés et exigeants de son histoire: la crise des réfugiés qui affluent en Europe pour fuir les pays en guerre ou en crise du Moyen-Orient.

Ironie de l’histoire, le secrétaire d’Etat avait ouvert son règne en donnant sur les dossiers immigration et asile un tour de vis de plus que Maggie De Block (Open-VLD) avant lui. « Et c’est le même, souligne le politologue Dave Sinardet, qui doit faire rentrer en Belgique et accueillir plus de réfugiés que tous les secrétaires d’Etat avant lui. » De quoi engendrer un beau cas de schizophrénie chez ce colosse (1m90 pour 100 kilos) de 37 ans, incarnation de la ligne la plus dure de la NV-A, confronté de plein fouet à une réalité qui le prend de court.

Mais, sans se démonter, fidèle à l’accord gouvernemental et aux nouveaux paramètres de la  crise, il gère. Plutôt efficacement, « avec humanité mais fermeté ». Et apparemment, cela plaît au grand public puisque le dernier baromètre de La Libre atteste d’une hausse de popularité fracassante du secrétaire d’Etat partout en Belgique. 4ème en Flandre… juste derrière Bart De Wever; 11ème à Bruxelles et même 13ème en Wallonie. Le tout, malgré ses tweets pas très « douillets », surtout destinés à rassurer épisodiquement son électorat NV-A désarçonné par le pragmatisme du ministre parfois en rupture avec la doxa du parti nationaliste.

L’homme a lui-même peut-être évolué à l’épreuve mouvementée du pouvoir. Ses détracteurs en doutent.  Il a à tout le moins du s’ancrer dans la réalité et doit apprendre à se dominer. C’est tout le parcours en surprises et contrastes de Theo Francken que nous vous contons dans le Moustique de ce mercredi 23 septembre. Ni vraiment Francken-stein, ni évidemment Mère Teresa. Mais un personnage emblématique d’une certaine Belgique.

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