AaRON, passagers de la nuit

Le duo chic AaRON entre ombre et lumière.

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Simon Buret et Olivier Coursier sont des artistes libres et évoluent loin des conventions avec leur projet AaRON. Entre deux albums, on ne les entend pas. C’est le silence radio, y compris sur les médias sociaux. Pour amorcer son retour, cinq ans après « Birds in the storm« , AaRON a choisi un trailer énigmatique où l’on voit le comédien John Malkovich réciter quelques phrases comme s’il ouvrait un chapitre d’un livre. On n’aperçoit pas les visages des deux garçons sur cette bande-annonce pas plus qu’ils ne se dévoilent dans leurs clips ou sur la pochette de leurs albums. Bref, on croit vraiment qu’ils parlent d’eux lorsqu’ils chantent The world is not ours dans « We cut the night« .

« Le monde ne nous appartient pas et nous ne sommes que le vecteur de notre musique« , affirme le loquace Simon Buret. « C’est notre musique qui doit être mise en avant. Pas le reste. Si on n’a rien à exprimer artistiquement, on ne ressent pas l’intérêt d’occuper les médias. C’est un luxe de pouvoir fonctionner comme ça. En nous soutenant dès le début, le public nous a permis de suivre cette démarche. Nous ne sommes pas obligés de suivre les règles de la notoriété et ça nous arrange bien. »

Sur ce troisième album, AaRON rappelle son sens de l’épure électro, l’amour des mélodies haut de gamme et sa quête quasi mystique de la pop.  Ils rendent hommage au New York du Velvet dans Blouson noir, veulent « couper la nuit« , constatent la solitude des grandes villes mais refusent pourtant de parler d’un disque sombre. « Nous avons fait un album sulfureux et finalement plein d’espoir. On évoque la nuit, mais ce n’est pas la nuit des égouts, c’est la grande Nuit, celle de la pleine lune. »  Même si on n’accroche pas sur tout, ce disque inspiré « par les voyages, le travail du vidéaste Bill Viola, les écrits de Walt Whitman ou la poésie de Thomas Tranströmer » abrite des chansons suffisamment fortes pour prolonger leur histoire d’amour avec le public. On pense à Blouson noir, Shades of blue ou à l’épique The leftovers. 

> AaRON, WE CUT THE NIGHT, [PIAS].

Le 3/12 au Reflektor (Liège, complet), le 4/12 à l’Eden (Charleroi), le 24/2, A.B. (Bruxelles).

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