Marine Le Pen se lâche au « colloque » du Vlaams Belang sur la souveraineté

Presque tous les spectateurs étaient encravatés, encostumés et bien décidés à s’abreuver des paroles de leurs vociférants leaders.

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Hier soir, la maison des parlementaires flamands accueillait un évènement, très sérieusement et franco-latinement nommé « Colloquium Soevereiniteit », sous-titre : Fixer des frontières (Grenzen stellen), organisé par le Vlaams Belang. Pour galvaniser son audience, le Belang avait invité Marine Le Pen et le sujet du jour était évidemment tout trouvé: la problématique des demandeurs d’asile et la souveraineté des pays membres de l’Union européenne

A l’extérieur de la maison des parlementaires, une poignée de policiers et de fourgons et 260 militants manifestant à bonne distance. Une tente du Parti socialiste de lutte, quelques pancartes contre l’extrême-droite et pour la protection des demandeurs d’asile, surtout, et un peu contre le capitalisme. Une occasion d’être là, et de marquer leur différence avec la mise en scène bling-bling qui se jouait à l’intérieur. Dans la salle, quelques Français, plutôt jeunes, vêtus de costumes, se saisissent de casques de traduction. Ils sont venus pour Marine Le Pen, surtout, moins pour la logorrhée anxiogène et peu argumentée de Tom Van Grieken, président du parti ou Barbara Pas, la chef de groupe du Belang à la Chambre.

« Sven, prépare toi pour la photo », lance un aficionado du Belang, bien décidé à capter l’entrée des caciques de son parti avec Le Pen. Les smartphones sont brandis, une petite nuée de caméras entoure Le Pen et ses gardes du corps. Applaudissements, timides au début, puis plus appuyés quand les discours commencent. La salle est pleine, sans vraiment déborder. Une petite vidéo bien haineuse permet de chauffer la foule : une tasse de café est remplie de sucre, jusqu’à déborder. Le café, c’est la Belgique, le sucre, ce sont les demandeurs d’asile. Ah non, attendez. Dans ce genre d’évènements, on parle de « clandestins illégaux », pas de gens qui fuient la guerre. C’est Marine Le Pen qui le dit, au plus grand délice de la foule. Sa coupable idéale? L’Europe, bien sûr. Quant aux intervenants du Belang, la tribune est trop belle que pour faire dans la dentelle. Le tout donne un gloubi-boulga nauséeux, où l’on en profite surtout pour taper sur la N-VA, réclamer les contrôles aux frontières et soutenir sans trop de preuves que l’on troque les retraites et l’aide aux handicapés (ils ont bon dos les handicapés) contre l’accueil des demandeurs d’asile. Au passage, un peu de cirage de bottines, en prédisant à Marine Le Pen qu’elle deviendra présidente de la république.

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