Nicolas Godin (Air) en prélude de Bach

Moitié du duo french touch Air, Nicolas Godin s'envole en solo sur un mode classique.

illu_045_godin

 

Après vingt ans de vie commune et huit albums co-signés avec Jean-Benoît Dunckel pour placer les mélodies électroniques de Air sur orbite, Nicolas Godin sort un disque sous son nom. Pour en parler, rendez-vous est pris dans un hôtel bruxellois. À la réception, le groom nous indique la marche à suivre: « Vous prenez l’ascenseur. Ça se passe tout en haut. » Effectivement, pour rencontrer la moitié de Air, mieux vaut prendre de l’altitude. Installé dans un sofa au sommet de l’établissement, l’homme du jour est, comme annoncé, seul au monde. « Cela étant, j’aime autant faire de la musique en duo », concède-t-il d’entrée de jeu. « Je pense que les groupes sont toujours plus forts que les individualités. Mon album est arrivé par hasard. J’étais chez moi, à l’aise, en train d’apprendre des morceaux de Bach au piano. Au départ, c’était pour mon plaisir personnel. De fil en aiguille, ça a pris forme. Mais dans les faits, je n’ai jamais eu le désir d’enregistrer un truc tout seul. »

Comme pour donner raison à la voix de son maître, « Contrepoint » est un disque solo, mais jamais solitaire. De nombreux invités viennent en effet mettre du cœur à l’ouvrage. On croise ainsi la guitare cosmique du Néo-zélandais Connan Mockasin, la voix chaloupée du Brésilien Marcelo Camelo ou Thomas Mars qui, pour l’occasion, réenfile son costume de Gordon Tracks, super pseudo sous lequel le leader de Phoenix était venu enchanter la bande originale du film « The Virgin Suicides ». Entre exotisme électro, musique classique en lévitation et pop en fusion, Godin rénove les préceptes de Jean-Sébastien Bach le temps d’un tour du monde pas si anodin. Ici, on vibre en allemand, en portugais ou en italien. Sur Widerstehe doch der Sünde, par exemple, l’artiste couche une cantate de Bach sur une literie synthétique de première qualité. « J’ai voulu jouer au chevalier, me mettre au service d’un patrimoine universel. Pour moi, la musique de Bach est un pur produit de la jeunesse. Comme les morceaux des Beatles ou des Sex Pistols. Je trouvais ça nul de voir que ces compos touchaient seulement une élite, un petit cercle de connaisseurs. Avec « Contrepoint », je donne dans la vulgarisation. J’essaie de rendre populaire un truc soi-disant pointu. »

> CONTREPOINT, Nicolas Godin, Warner Music.

Sur le même sujet
Plus d'actualité