Affaires carolo. Des perdants… et des « gagnants »

Dix ans après l'éclatement du premier scandale à Charleroi, on fait le point sur les réputations brisées. Et sur celles qui ont plutôt "brillé"…

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Trois « perdants »

Claude Despiegeleer (PS)

A l’époque, il était échevin des sports de Charleroi. “Despi » est cité dans quasiment tous les procès “carolos” qui ont eu (ou vont avoir) lieu. Après 42 jours de préventive à la prison de Jamioulx, il a été condamné à quatre ans de prison avec sursis et à 16.500 € d’amende dans l’affaire de la société de logements publics La Carolorégienne. Aujourd’hui? Toujours sous certificat médical pour des problèmes de santé, notamment psychologiques, il ne participera pas au procès « Ville » de Charleroi, en novembre prochain. Pourtant, selon La Nouvelle Gazette, toujours militant dans la section locale du PS de Lodelinsart malgré ses 69 ans, il envisage un retour en politique… Mais il semble peu probable que le PS fasse pour cet ancien « parvenu » une exception à la limite d’âge de 65 ans.
 

Lucien Cariat (PS)

A l’époque, il était Président de l’Intercommunale carolo de traitement des déchets (ICDI) et échevin de l’environnement. Reconnu coupable de faux et d’usage de faux, il a été condamné deux fois à de la prison avec sursis et à des amendes. Aujourd’hui? En juin 2015, il est acquitté (en partie, les autres faits étant prescrits) pour le volet corruption du dossier ICDI.
 

Jacques Van Gompel (PS)

A l’époque, il était bourgmestre de Charleroi. Condamné à 18 mois de prison avec sursis puis acquitté dans l’affaire de la pelouse synthétique du Sporting de Charleroi, il est encore inculpé dans le dossier « ville » de Charleroi, qui passera en procès en novembre prochain. Aujourd’hui? Pensionné, Jacques Van Gompel est très investi dans les affaires communales de Gilly. Il dit faire encore des cauchemars suite aux « affaires » qui lui ont coûté sa carrière et valu d’être sous calmants en permanence.
 

Trois « gagnants »

Olivier Chastel (MR)

A l’époque, il est conseiller communal MR (opposition) à Charleroi et député fédéral. C’est lui qui rend public, le 5 septembre 2005, un rapport d’audit de la Société wallonne du logement qui met en cause la gestion de La Carolorégienne, société de logement social. Aujourd’hui? Le MR fait partie de la coalition au pouvoir à Charleroi.  Après avoir été Secrétaire d’Etat et ministre fédéral, Olivier Chastel est président du MR depuis fin 2014.
 

Paul Magnette (PS)

A l’époque, il est professeur de Science politique à l’ULB. En 2007, à la demande d’Elio Di Rupo (président du PS), il tient un rôle de médiation à la ville de Charleroi en pleine tourmente. Il obtient la démission des échevins inculpés et forme une nouvelle majorité PS-MR-CDH avec Jean-Jacques Viseur (CDH) comme bourgmestre. Fort de ce succès, il est nommé peu après ministre wallon, puis ministre fédéral. En 2012, il est élu bourgmestre de Charleroi et devient, en 2013, président (faisant fonction) du PS. Aujourd’hui? Il est Ministre-Président wallon.
 

La RTBF

A l’époque, le service public est régulièrement critiqué pour sa proximité (voire sa complaisance) avec le parti socialiste. Mais c’est pourtant bien Vivacité qui relaye le fameux rapport d’audit divulgué par Olivier Chastel et fait véritablement éclater « les affaires ». En 2006, c’est encore l’émission « Questions à la Une » qui met en lumière les malversations au sein de l’ICDI. Aujourd’hui? La réputation d’indépendance de la chaîne publique est ressortie grandie de son traitement des affaires de Charleroi, mais aussi du coup d’éclat (très risqué) de Bye Bye Belgium en 2006.

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