David Gilmour: le débrief complet sur son nouvel album

Nous avons écouté "Rattle That Lock", quatrième disque solo du guitariste de Pink Floyd, qui sort ce 18 septembre.  On vous dit (presque) tout.

david_gilmour_2015_shot_3_credit_kevin_westenberg_hi-res-86852332

Interview de David Gilmour dans le Moustique du 16 septembre!

> Les faits.

« Rattle That Lock » est le quatrième album solo de David Gilmour. Il sort un an après « The Endless River », le quinzième et sans doute ultime disque de Pink Floyd.  « On a Island », dernier enregistrement  solo du guitariste de Pink Floyd, date de 2006. Agé de 69 ans, Gilmour défendra « Rattle That Lock » en tournée mondiale. Après quelques concerts de présentation, il donne le coup d’envoi de son périple aux Etats-Unis avant de s’attaquer au Japon.  Il devrait revenir en Europe durant l’été 2016. Aucune date belge n’a été annoncée. Le planning de sa tournée se trouve ici: www.davidgilmour.com/livedates.htm

> Les chansons.

« Rattle That Lock » comprend dix nouvelles compositions. Le disque a été enregistré en grosse partie  dans le studio personnel de Gilmour, le Medina Studio,  à Hove, près de Brighton, dans le sud de l’Angleterre, où il vit désormais.  Le disque est coproduit par David Gilmour et Phil Manzanera (guitariste de Roxy Music). Les musiques sont toutes signées Gilmour.  Cinq textes ont été écrits par Polly Samson, l’épouse de Gilmour qui est romancière: Rattle that lock, A boat lies waiting, In any tongue, The girl in the yellow dress, Today.  Polly Samson avait déjà  écrit la seule chanson « à texte » de « The Endless River » et a également collaboré aux albums ‘The Division Bell », « Pink Floyd » de Pink Floyd. Gilmour travaillait sur ce disque solo depuis plusieurs années. Il affirme même qu’une partie de piano qu’on entend sur l’album a été créée dans son living room voici 18 ans! Dans une interview que Moustique publiera dans son édition « print » du 16 septembre, Gilmour explique que l’album peut s’articuler autour d’un concept principal.  Soit « le déroulement d’une journée. Avec les choses qu’on accomplit et les autres choses qu’on voudrait accomplir mais qui restent  à l’état d’idées. »  « S’agit-il de moi quand je dis « je« , s’interroge-t-il. « Je ne sais pas, il faut demander à Polly. »  En tout cas, cette journée imaginaire commence de bonne heure puisque « Rattle That Lock » s’ouvre par l’instrumental 5 A.M.

> Les musiciens.

Gilmour chante, joue bien sûr de la guitare (acoustique et électrique), mais assure aussi plusieurs parties de piano, d’orgue et de basse. Son fils Gabriel Gilmour a aussi joué du piano. On retrouve encore dans les crédits Phil Manzanera (Roxy Music, guitare), Robert Wyatt, Roger Eno (frère de Brian Eno)  ou encore David Crosby et Graham Nash (Crosby, Stills & Nash).  La chanteuse soul anglaise Mica Paris assure plusieurs chœurs, notamment sur la plage titulaire Rattle That Lock dont le gimmick a été inspiré par le jingle officiel de la SNCF. Mais ça, vous le savez déjà… Pour les rêveurs et ceux qui aiment fantasmer, on rappelle aussi que pas plus Nick Mason, le batteur de Pink Floyd que Roger Waters ne sont de la partie.

> L’avis de Moustique.

Un album  tel qu’on pouvait l’attendre de Gilmour mais qui se révèle aussi imprévisible.  Tel est notre verdict. Dès l’instrumental 5 A.M. qui ouvre l’album, le fan de Pink Floyd/Gilmour se sentira « comme à la maison ». Une nappe planante de claviers, un solo de guitare en apesanteur et un son en 3D… On dirait presque un morceau bonus de « Whish you where here ». Mais au fur et à mesure que se déroule cette journée imaginaire, Gilmour sort des surprises de son chapeau. Passé le gimmick SNCF de l’excellente plage titulaire, Gilmour nous plonge dans une ballade folk mélancolique (Faces of stone) et balance un autre solo épique dont il a le secret sur A boat lies waiting (chanson sur le thème de la perte, en hommage au claviériste de Pink Floyd  Rick Wright disparu en 2008). Sur Dancing right in front of me, Gilmour sort carrément de sa zone de confort. Ce morceau commence comme une ballade pop à la Beatles avec « ouh ouh ouh » dans le refrain, se poursuit sur un mode jazz avec contrebasse/cuivres et se conclut, ouf, par un solo électrique parfaitement reconnaissable de Gilmour.

Autre réussite de l’album, In any tongue marie la guitare de Gilmour, sa voix particulièrement mixée en avant et le piano joué par son fils David Gilmour. Ici encore, la filiation avec Pink Floyd est incontestable.  Après un instrumental atmosphérique au nom prédestiné (Beauty) qui aurait très bien pu se retrouver sur « The Endless River », le bientôt septuagénaire rappelle ses amours jazz sur The girl in the yellow dress, ballade de crooner fatigué pour cabaret où l’on sert de l’alcool frelaté.  Un titre très intéressant. Nous avons, par contre, un peu plus de mal avec Today, morceau up-tempo aux relents hard-rock FM comme  on en entendait beaucoup dans les années 80 avec claviers étouffants et basse ronflante. Manque plus qu’un bandana sur la tête de Gilmour et un ventilo soufflant sur  les cheveux du batteur. Allez, le solo de Gilmour sur la fin de la chanson sauve quelque peu les meubles. « Rattle That Lock » se termine comme il a commencé: par un instrumental, And then… plage atmosphérique traversée d’une énième joute de guitare électrique de Gilmour.   Au final, « Rattle that lock » comblera les fans « conservateurs » du Floyd  tout en attirant ceux qui cherchent à être encore étonnés par cette légende toujours bien vivante. Pour ces deux raisons, Moustique vous le recommande.

Interview de David Gilmour dans le Moustique du 16 septembre.

Sur le même sujet
Plus d'actualité