Foals: 30 millions d’amis

Le groupe d'Oxford sort les griffes sur un album bestial et totalement génial.

foals_press01_credit_nabil_elderkin

Tête de série du rock moderne, Foals est un pur produit de son temps. À une époque hyper-connectée où toutes les musiques se tiennent à portée de clic, le groupe d’Oxford branche sa mémoire vive sur un serveur ultra-performant: une base de données illimitée où styles (pop, rock, métal) et sous-genres (brit-pop, math-rock, new wave) se rassemblent sans se préoccuper des tendances. Loin des petits compromis, Foals draine aujourd’hui la grande foule. « Mais notre but n’est pas de jouer dans des stades de foot », tacle immédiatement Yannis Philippakis, guitariste et capitaine de l’équipe anglaise. « L’essence du projet, c’est la scène alternative et le rock indépendant. On vient de là et on s’y tient. On trace la route sans se retourner. Sans compter les personnes qui sont en train de nous suivre. Cinquante, cinq cents, cinq mille ou cinq millions, ça ne changera rien à notre façon de composer. »

Quatrième chapitre d’une discographie dépourvue de temps mort, « What Went Done » s’ouvre avec la chanson du même nom: une puissante déflagration électrique à écouter en secouant les cheveux. « On voulait attaquer de front, tel un prédateur: un lion ou un guépard. Un félin affamé. » Les titres de l’album s’épanouissent ainsi dans des paysages naturels (A Knife In The Ocean, Mountain At My Gates) où l’animal est roi (Albatross, Snake Oil). « C’est paradoxal car l’inspiration découle de notre rapport à la ville. Les animaux qui arpentent le disque sont des symboles, une façon d’échapper aux clichés citadins. » Pour ficeler « What Went Done », Foals s’est réfugié sous le soleil de Provence. « Quand vient l’heure du studio, on part en mission. On a besoin de vivre une aventure, de rompre avec nos habitudes. C’est aussi pour cette raison qu’on change de producteur à chaque fois. » Enregistré par James Ford (Arctic Monkeys) entre les vignes et le bon vin, ce nouveau disque est un excellent millésime. « C’est la première fois que tout se met aussi bien en place », souligne Philippakis. « Toutes les conditions étaient réunies: l’inspiration était là, l’appétit et la motivation aussi. Au sein du groupe, l’entente était parfaite et la communication, proche de la télépathie. Ce disque est né sans tension ni conflit d’intérêts. Il résulte de l’envie de faire du bon boulot. » Soit un travail de pro. Un plan sans accroc.

Transgressive Records/Warner

Sur le même sujet
Plus d'actualité