Rudy, ça me dit d’enfer?

La nouvelle émission humoristique de la Première "Un samedi d'enfer" se lançait ce matin avec, sur le gril, Rudy Demotte. Debriefing.

 

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Commencer son samedi, dès 9 heures, avec Rudy Demotte, c’est pas vraiment ce à quoi on aspire tôt en début de weekend. Non que le ministre-président de la fédération Wallonie-Bruxelles et bourgmestre de Tournai soit un mauvais bougre. On connaît son sens de l’humour et du tacle derrière son physique de Peewee. Mais bon, on a hésité. Pas longtemps car il était surtout le premier invité de la nouvelle émission humoristique de la Première: Un samedi d’enfer dont le nouveau quatuor de diablotins sont Myriam Leroy, Bruno Coppens, Pierre Kroll et Nicolas Buytaers comme maître de cérémonie. On a finalement bien fait de rejoindre ce petit monde car la mayonnaise a plutôt bien pris. Ce qui n’est jamais évident lorsqu’on a des chroniqueurs-humoristes fort typés autour de la table avec tous dans leur ligne de mire, somme toute bienveillante, une personnalité, en l’occurrence Rudy Demotte. L’avalanche initiale d’allusions à l’enfer et un côté chronique de l’actu prononcé, nous a d’abord fait craindre que la petite bande ne tombe dans une tentative de remake (loupé) de la mythique Semaine infernale, mais on a plutôt évité l’écueil . 

On a aimé. sur la forme, on a aimé un rythme bien imprimé par Nicolas Buytaers , le « migrant de service » comme l’a titillé Myriam Leroy pour ses origines RTL. Autre point appréciable, cela vit et discute sans se marcher dessus et sans (trop)  tirer la couverture à soi. Même Bruno Coppens a été plutôt économe en jeux de mots. Juste ce qu’il faut. Pierre Kroll a été pareil à lui-même, tandis que Myriam Leroy eut quelques réparties inattendues et très amusantes. Les billets étaient bien variés et quelques rubriques, inventives. Le tout a fait ressortir un Rudy Demotte fin, affable mais finalement peu destabilisé par ce passage par « la broche de Lucifer ».  Avec une mention pour sa connaissance du parler ch’ti et une belle évocation-imitation de feu Michel « papa » Daerden.

On a moins aimé. Pour ne pas faire de jaloux, chaque chroniqueur a eu un temps équitable pour participer et livrer ses billets. Bien écrits, certes, mais lus souvent d’une traite à l’invité. Avec une petite impression de succession de monologues. On est aussi submergé de références à l’actu politique, internationale, alors que le samedi matin on a plus envie de souffler et de parler d’autre chose. Enfin, on a été un peu saturé par un petit jeu. Celui de boîtes à amendes pour sanctionner un mot ou une remarque décrétée déplacée. La boîte de Myriam Leroy était la « Boîte à beaufs » pour punir les remarques sexistes et lourdes. A laquelle s’ajoutera la « Boite à mots interdits » comme « migrant », etc, initiée par Kroll. Puis enfin la « Boite à choses limites » lancée par Coppens. Les amis, rangez vos boîtes si politiquement correctes, on est dans la liberté d’expression et l’humour, non.

Conclusion. On reviendra volontiers passer un Samedi en enfer (la prochaine invitée sera la ministre de la mobilité, l’inénarrable Jacqueline Galant) Mais plutôt en podcast et en espérant qu’on aura rangé les boîtes. Pas les mises en boîte.

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