Pourquoi la reformation de Téléphone n’en est pas une

Téléphone à 3, ce n'est pas Téléphone. C'est Insus. Le nom que les "trois mecs de la bande" se sont eux-mêmes donné pour remonter sur scène. Pour une date unique et à quelques semaines de la réédition de l'ensemble de leur catalogue et d'un album "génération Téléphone". Pas de quoi s'emballer.

Pourquoi la reformation de Téléphone n’en est pas une

Maintes fois annoncée, à chaque fois avortée, la reformation du mythique groupe français est, cette fois, presque réalité. Presque réalité car Téléphone ne sera jamais Téléphone sans Corine Marienneau, la bassiste du groupe.

Pour des raisons musicales évidentes, Corine était une pièce maitresse du groupe, mais aussi pour des raisons juridiques: Téléphone, c’est 25% à chacun de ses membres. Même si le nom appartient à Jean-Louis Aubert, seul. 

Les trois gars, Jean-Louis Aubert, Louis Bertignac et Richard Kolinka, remonteront sur la scène du Point Ephémère le 11 septembre prochain. Inutile de vous précipiter pour acheter une place: avec une capacité de 300 personnes, la salle a affiché « complet » en quelques instants.

Corine, la femme de la discorde

Mais pourquoi cette reformation, fantasme musical et financier, ne voit-elle jamais le jour malgré les effets d’annonce?

La raison s’appelle Corine. La bassiste, grand amour à l’époque de Louis Bertignac, puis compagne éphémère de Jean-Louis Aubert, n’est plus en odeur de sainteté auprès des autres membres du groupe. La faute non seulement à ses relations amoureuses du passé mais aussi, et surtout peut-être aujourd’hui, à un livre « Le fil du temps » où elle crache son venin sur ses ex-compagnons et particulièrement Jean-Louis Aubert qu’elle dépeint comme mégalo, assoifé d’argent et à l’ego démesuré. Bref, pas de quoi réchauffer une ambiance déjà glaciale depuis des années entre elle et les « trois mecs ».

Depuis lors, les « presque » Téléphone se sont régulièrement retrouvés sur scène. Richard Kolinka accompagne toujours Jean-Louis Aubert et Louis Bertignac les rejoint à l’occasion pour une émission télé (Taratata) ou un concert « improvisé » en 2013 où c’est Axel Bauer qui avait pris la basse.

Presque 40 ans après sa formation et déjà quasiment 30 ans après sa séparation, le groupe remonte donc sur scène pour un véritable concert sans sa bassiste qui clame dans les médias être disponible et prête à rejouer malgré les différences qui les animent. Appel du pied clair et net resté sans écho.

Coup marketing… téléphoné pour booster les ventes?

Ce retour en force dans les médias sonne malgré tout comme un coup marketing plus que comme une vraie et belle initiative purement musicale. Dans quelques semaines sortiront des rééditions du catalogue complet du groupe et un album « Génération Téléphone » dont nous vous dévoilions les premiers noms et extraits. 

Tout cela étant dit, les personnes qui ont pu acheter une place pour le concert du 11 septembre passeront à coup sûr un excellent moment à (re)découvrir le répertoire riche et bourré de talent de Téléphone. Mais, une telle reformation tant attendue depuis trente ans, mériterait d’être totale. Pour le symbole avant tout. Car du Téléphone, Jean-Louis Aubert en joue à chacun de ses concerts. Pour notre plus grand plaisir. 

Alors, nous, avant de parler de reformation, on patientera encore en espérant la grande réconciliation. Cela sonnerait alors le retour de ce qui restera certainement le plus grand groupe rock français. 

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