On a regardé la rentrée d’On n’est pas couché

On commente la prestation de Yann Moix, le remplaçant d'Ayméric Caron.

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Lancée sur une imitation un peu ratée de Laurent Ruquier par sa toute nouvelle recrue, Marc-Antoine Labret, la rentrée d’On n’est pas couché a démarré sur les chapeaux de roues. Un rendez-vous peaufiné depuis des mois dans les couloirs de France 2 qui se devait d’épater sa galerie pour confirmer son succès d’estime et d’audience qui l’installe sur la première marche du podium des talks français, et ce depuis dix ans. D’autant que cette émission hebdomadaire présentait enfin hier un visage attendu au tournant, celui de Yann Moix.

Digne successeur d’Aymeric Caron, l’écrivain-cinéaste qui s’annonçait « stressé » dès les premières minutes s’est pourtant montré particulièrement loquace, en matières de citations comme d’argumentation, notamment à propos de la notion d’impossible « qui n’est qu’une tumeur du possible » pour se chauffer un peu. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a frappé fort hier soir, pour sa toute première fois dans le costume de sniper-chroniqueur. Car si on lui connaissait son amour du verbe et de la provocation, Yann Moix nous a surtout épaté hier par ses interventions disparates. Parfois cruellement faciles comme lorsqu’il attaque Emmanuel Moire pour une faute d’orthographe dans le livret de ses paroles, parfois bizarrement faux-cul, parfois déliées et agréables, lors de l’échange avec Christine Angot, par exemple (qui a pourtant refusé de se trouver sur le même plateau qu’Houellebecq).

Invité à refaire le portrait de Michel Houellebecq -écrivain polémique et c’est peu de le dire, mais surtout un ami de longue date du chroniqueur- Yann Moix s’est lancé dans une ode à sa gloire. Et Ruquier, trop content de recevoir Houellebecq a laissé couler cet échange convenu, censé pourtant remuer les dessous des problèmes qui le lient à une journaliste du Monde, Ariane Chemin. Préférant plutôt axer son interview sur les méthodes « sournoises » de la dite journaliste, le remplaçant de Caron s’est alors intéressé à la construction des papiers d’Ariane Chemin au lieu de remettre une seule fois en question le travail de son ami. Drôle de procès…

Une chose est sûre, l’écrivain-sniper a déjà très bien intégré les ficelles de son nouveau rôle: soit apprendre à se faire détester, face à un Laurent Ruquier « arbitre ». Au vu des réactions sur Twitter, mais également celles de certains journalistes outrés comme Jean-Michel Apathie, il remplit parfaitement sa mission. Tout en apportant une crédibilité culturelle de haut vol, caractéristique que le bonhomme n’a d’ailleurs pas hésité à prouver tout le long de l’émission, ponctuant quasi chaque intervention d’une citation ou d’une référence. Tocqueville, Proust, Desproges,… Tout le monde y est passé. Seul bémol? On aimerait le voir un peu plus incisif. Plus poussif que passif. Pour la suite et les ajustements, on se dit rendez-vous la semaine prochaine.

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