La force des sentiments

"Ce n’est pas mon Audiard préféré mais quel bon film!" Cela pourrait résumer les premières réactions à Dheepan. Et tout quasiment serait dit. Dheepan, c’est Gran Torino sans Clint Eastwood ou Welcome sans Vincent Lindon

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Le film emporte, secoue, émeut, mais on ne s’y reconnaît pas tout à fait. Le pari d’Audiard était d’ailleurs de raconter l’histoire d’un de ces vendeurs de fleurs à la sauvette, une histoire qui ne nous appartient pas mais qui est de notre monde. Donc, un rebelle tamoul perd toute sa famille dans la guerre d’indépendance et se réfugie en France sous un faux nom, Dheepan, avec une femme et une fille qui ne sont pas les siennes. Devenu gardien d’immeuble, il se remet à croire en la paix, en l’humanité et en l’amour. Mais dans la cité, c’est la violence et le deal qui règnent… Des débuts au Sri Lanka au final hallucinant dans la banlieue, le film est d’une irréfutable efficacité. Beau, rapide, mystérieux, il est sublimé par le charme absolu des trois acteurs principaux (des débutants). Cela tient du miracle, mais on ne peut pas résister à tant de maîtrise du cinéma et à une incarnation humaine aussi indiscutable.

Réalisé par Jacques Audiard. Avec Anthonythasan Jesuthasan, Kalieaswari Srinivasan, Claudine Vinasithamby, Vincent Rottiers – 109’.

Retrouvez l’interview de Jacques Audiard dans le Moustique du 26 août 2015

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