Rentrée de La Une, les coulisses du grand show

Avec de beaux projets et de délicieuses animatrices, La Une nous a mis en appétit.

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Qui dit conférence de presse de rentrée, dit foule empressée (y compris de gens qui n’ont rien à faire là), effets de manche, belles annonces, papotages, badinage et élégantes acrobaties pour serrer la main du producteur de Trucbrol sans lâcher ni le verre, ni le zakouski ni le dossier de presse.

Scindée en trois pour la première fois (La Une, La Deux, La Trois, forcément), cette première conférence de presse de la RTBF côté télé était plus courte que les années précédentes puisqu’elle ne concernait que La Une. Un bon point. Mieux: les discours des  patrons (Jean-Paul Philippot, l’administrateur général de la RTBF et François Tron, directeurs des antennes télé en particulier) ont été réduits au minimum et intégrés à la vidéo de présentation de la saison. Deuxième bon point. Enfin l’événement était confié à deux animatrices phares de La Une, Maureen Louys et Sara De Paduwa, qui prend décidément de plus en plus de place sur la chaîne. Troisième bon point. Car avec elles on quitte le côté formel du costume-cravate qui finit toujours par lâcher une perfidie sur « la maison d’en face » pour un ton convivial et chaleureux, bien en phase avec l’état d’esprit annoncé: La Une crée des liens.

Les annonces, on les connaît. Gros plan sur le 6-8 de Sara De Paduwa qui crée l’événement puisque pour une fois il ne s’agit pas d’une émission de radio filmée mais d’une vraie émission de télé dans un vrai décor (de JT) avec une carte interactive pour les info-trafics (toutes les 10 minutes), des reportages, et 3 chroniques quotidiennes (avec Ophélie Fontana: G testé pour vous,  Delphine Simon: Enfants, Bénédicte Flament: Nos amis les animaux, David Bertrand: Sports extrêmes, Valérie Kinzounza: Beauté, mode & bien-être, Tom Salbeth: les Buzz, etc.). Maîtres-mots: énergie et bonne humeur.

Autre magazine mis en évidence: Les ambassadeurs (photo). Ou la refonte de Télétourisme et La clef des champs en une joyeuse balade touristique dans un joli coin de notre belle Wallonie. En tête de peloton: Armelle (Ghysen, pas la comédienne), suivie de Philippe Soreil qui parlera nature, et rencontrera des passionnés de la terre (?), Guy Lemaire, qui racontera l’histoire de sites ou de monuments et Jean-Philippe Watteyne, monsieur icook et Top chef, qui rejoint les anciens pour mitonner des petits plats avec de bons produits du terroir de la région. A quatre, ils sont donc chaque fois les ambassadeurs de l’endroit choisi, et invitent deux touristes d’un jour qu’ils comptent bien convertir aux charmes du lieu pour en faire à leur tour des ambassadeurs.

Créer des liens, on vous disait…

Dans un tout autre genre, La Une se félicite aussi des 7 séries belges mises en chantier. Elles ne vont évidemment pas s’enchaîner – il faut quand même le temps d’en peaufiner l’écriture et de les réaliser. Première sur antenne, en novembre sans doute: La trêve. Une histoire pas comique comique – logique, elle se construit dans l’optique des séries scandinaves, comme The Killing – qui démarre avec la découverte d’un corps dans la Semois, celui d’un footballeur de 19 ans. Parallèlement à l’enquête, on suit de très près l’esprit tourmenté de l’enquêteur, Yoann Peeters (Yoann Blanc), un flic cassé de partout que son histoire, professionnelle et familiale, a rendu fragile et parfois borderline.

La deuxième, dont le tournage démarre mi-septembre et qui devrait donc être diffusée au printemps, s’intitule Ennemi public. Et on risque d’en parler beaucoup. Car son sujet est pour le moins touchy. Un pédophile multirécidiviste, que l’opinion publique préférerait voir mort – au moins – bénéficie de la libération conditionnelle et est recueilli à l’abbaye de Vielsart. Si les moines sont partagés sur cette arrivée encombrante, les voisins crient leur rage. Mais quand une petite fille disparaît dans les environs, c’est l’hystérie. Face à l’enquête – et à la foule – Chloé, la fliquette (Stéphanie Blanchoud), s’allie avec Lucas, un jeune moine, pour démêler le vrai du faux et protéger le suspect évident… Toute ressemblance avec des situations réelles n’est évidemment pas fortuite. Il sera d’autant plus important pour l’équipe de Matthieu Franges, le créateur de la série, de provoquer la réflexion sans déraper dans la caricature.

Dernier gros titre de cette rentrée de La Une, à nos yeux en tout cas: Les héros du gazon. Une série documentaire où on retrouve l’esprit pervers – et drôle – de la RTBF sur son versant Strip-Tease. Une équipe de bras cassés, mous du muscle (désolée), qui s’est pris 153 buts en 17 matches et pas un point sur toute la saison en 4e provinciale, voit arriver le sauveur. Leo Van der Elst joue à la fois le rôle de Kevin Costner dans les films de baseball américains et celui de Pascal le grand frère pour transformer ces braves joueurs patauds en véritable footballeurs. Ca ne va pas être facile, ni pour le coach qui risque de s’arracher les cheveux, ni pour les joueurs du RFC Yvoir B qui vont reprendre l’entraînement sportif (et diététique) à zéro. Mais ce sera drôle, et tellement belge… Du moment où les footballeurs du dimanche doivent lâcher leur canette de bière à celui où ils découvrent, sur le terrain, que le match auquel les a préparés Van der Elst les oppose à l’équipe féminine d’Anderlecht. « C’est des femmes?! On ne va pas perdre  contre des filles?! »

Il y a évidemment d’autres émissions, d’autres séries, des films inédits en pagaille (Gravity, Supercondriaque, Gatsby le magnifique, Le Hobbit, la désolation de Smaug, Django Unchained, Les garçons et Guillaume à table, etc.), L’académie des 9 avec Maureen à Noël, un Bossemans et Coppenolle fait maison, et du foot, et The Voice… Mais il faut bien s’arrêter quelque part. Pour les invités cela se manifeste par un rush vers le bar, pour les journalistes une traque des bonnes personnes à qui demander un détail (Qui sont les nouveaux chroniqueurs des Pigeons? Jean-Marie De Bol, Esteban Van Pieperzeel, Julie Compagnon, Oumaïma Kasmi. Quand verra-t-on Les héros? Avant la fin de l’année. Le banquet ça va reprendre? On doit en reparler.) – après un crochet par le bar et la pioche d’une verrine sur un plateau.

Le reste touche à la fois aux retrouvailles de rentrée des classes entre journalistes (Tu vas demain à la CP de Pure? Non, à celle de Viva, vendredi…), entre RTBFiens, et entre journalistes et RTBFiens qui d’année en année ont tissé des liens, eux aussi.

Comme quoi, La Une aura été cohérente jusqu’au bout.

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