Django Django: l’interview express

La formation écossaise a livré un des concerts les plus sautillants au Pukkelpop. Bonne nouvelle,  le groupe revient le 11 décembre à l'Ancienne Belgique. Nous avons rencontré Tommy le claviériste et Jimmy le bassiste dans les coulisses du Kiewit.

djangodjnago©mariefrankinet

Vous avez mis le feu au Club du Pukkelpop ce week-end. Mais est-ce que vous vous souvenez encore de votre premier passage  dans le festival limbourgeois en 2012?

Jimmy Dixon. Notre tout premier concert en Belgique, c’était aux Nuits Botanique en mai 2012, notre album n’était pas encore sorti et c’était déjà incroyable comme ambiance.  Mais dès que « Django Django » a été commercialisé, c’est devenu encore plus surréaliste. On jouait devant nos potes dans des petits clubs en Angleterre et, du jour au lendemain, notre manager nous envoyait en Australie, au Japon ou aux Etats-Unis. Lorsqu’on est venu au Pukkelpop en 2012, on est déjà très haut dans l’affiche et tout le monde sautait en chantant les paroles des morceaux.

Vous avez tourné plus de deux ans et demi avec votre premier album. Etes-vous prêts à renouveler l’aventure avec votre nouvel album « Born Under Saturn »?

Tommy Grace. – Non! Bien sûr, on a envie de jouer partout où il y a de la demande, mais on ne va pas rester sur la route si longtemps. Ce n’est pas bon pour notre santé physique et mentale.

J. D.  –  En fait, le plus dur, quand tu rentres à la maison après deux ans et demi de tournée, c’est de retrouver ton rythme. Moi, la première chose que j’avais envie de faire, c’était d’aller me chercher un dinner à l’épicerie du coin, regarder la télé et traîner dans mon sofa. Ma copine, elle, voulait qu’on sorte, qu’on aille manger au resto et qu’on réserve un hôtel dans un petit coin sympa… Bref, tout ce que j’essayais de fuir.

Est-ce que vous faites de la musique aujourd’hui pour les mêmes raisons qui vous ont poussé à enregistrer votre premier single Storm en 2009?

T.G. –  Oui, la motivation de base reste assez égoïste: on veut se surprendre quand on écoute pour la première fois la chanson que nous venons d’écrire et avoir envie de la jouer en live.

J.D. – Nous avons toujours envie de transformer les concerts en grosses fiestas.  La tendance actuelle est au misérabilisme. Le monde est comme ça et ce n’est pas Django Django qui va le changer. Même si deux ou trois morceaux de notre nouvel album « Born Under Saturn » sont plus introspectifs, je pense notamment à Giant ou à 4000 Years, on préfère écrire des chansons positives. Ça prouve aussi que nous sommes des bosseurs.  Ecrire une chanson triste qui plombe l’ambiance, ce n’est pas tellement difficile. Crois-moi, ça demande plus de temps de faire une chanson pop entraînante.

Votre premier disque a été enregistré dans une chambre à coucher. Qu’est-ce que ça vous a fait de bosser dans un vrai studio (l’Angelic à Londres) pour « Born Under Saturn »?

T.G. On avait plus de temps, plus de moyens financiers et plus d’équipement.  Mais nous avons aussi veillé à ne pas trop surproduire « Born Under Saturn » et de ne pas négliger notre démarche artisanale au profit de la technologie.  L’Angelic Studio est un endroit très spacieux. A un moment, on a décidé de rassembler tout notre matériel dans une petite pièce qu’on a baptisée « Chambre à coucher« , juste pour se rappeler comment nous avions commencé. Tu vois, fondamentalement,  rien n’a changé.

Sur votre Facebook, vous n’arrêtez pas de conseiller à vos fans des albums plus zarbis les uns que les autres. Est-ce qu’il y a un style musical auquel vous êtes allergiques?

J.D. – Peut-être la polka! Non, en fait on reste toujours très curieux.   Pour nous plaire, un disque doit nous émouvoir, peu importe le style.

Quels albums font l’unanimité au sein de Django Django?

J. D. – « Screamadelica » de Primal Scream. On en possède chacun un exemplaire.

T.G. – Il a aussi « The Monkees », le tout premier album des Monkees enregistré en 1967.  Trente minutes de musique pop et psyché, on kiffe…

Django Django est formé de deux Ecossais, d’un Irlandais et d’un Anglais. Les conversations politiques sont-elles bannies de votre tour bus?

J.D. – Non, que de contraire, notre tour bus, c’est un peu le Parlement du Royaume -Uni. On a aussi notre ingénieur du son qui est Gallois, donc je ne vous dis pas les disputes qui concernent aussi le sport. Mais bon, on a tous un accent épouvantable et la plupart du temps, on ne  se comprend même pas…

Django Django, « Born Under Saturn », Warner.

Le 11/12 à l’Ancienne Belgique

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