« Demain pourrait être plus beau qu’aujourd’hui »

Il y a quarante ans, il construisait déjà une maison fonctionnant à l'énergie solaire et éolienne… En 2015, il continue d'inventer l'avenir.

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Face aux visions catastrophistes du futur, vous vous efforcez de proposer des images valorisantes de notre avenir…

Luc Schuiten – Il n’y a rien de plus dangereux que de n’avoir que des images négatives de notre future. Parce qu’on pourrait être tentés de perdre tout courage. Je pense au contraire que les jeux ne sont pas faits, que nous avons encore beaucoup de possibilités pour nous ressaisir. Mettre en valeur ce « meilleur » qui pourrait nous arriver me semble être de salubrité publique. Le changement arrivera de toute façon car il est impossible de continuer dans cette voie. Il se fera malgré nous ou grâce à nous. Il nous faut choisir!

D’habitude, on nous promet, au mieux, de « limiter la casse ». Vous croyez vraiment que demain pourrait être plus beau qu’aujourd’hui?

Luc Schuiten – C’est l’occasion rêvée de se reconnecter à l’ensemble des êtres humains, ce qui nous manque déjà beaucoup, mais aussi à l’ensemble du vivant. Notre société actuelle n’a pas d’avenir puisqu’elle programme elle-même son obsolescence. Nous devons développer au contraire l’ensemble des mécanismes qui peuvent perdurer dans le temps sans épuiser le système, c’est notre meilleure chance d’avoir réellement un avenir. Pour ça, il faut regarder du côté de la nature. Parce que tout ce que la nature a inventé est durable à 100 %. D’où mon intérêt pour le bio-mimétisme.

Dans la transition vers des cités végétales, il n’est pas question de faire table rase…

Luc Schuiten – Non, parce que détruire cause une pollution énorme. Or, on a déjà payé très cher la construction de ces habitations. Leur réhabilitation a un coût écologique et énergétique bien moindres. Et puis ça permet d’évoluer plus progressivement, en phase avec les mentalités.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien dans le Moustique du 19/8.

Expositions…

Luc Schuiten expose à Lambersart (près de Lille) jusqu’au 23 août et à la triennale d’art contemporain et d’architecture de Bruges (dont il a d’ailleurs réalisé l’affiche) jusqu’au 18 octobre.

Plus d’infos: www.vegetalcity.net.

 

 

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