3 ascenseurs pour l’espace

Une société canadienne a déposé un brevet d'élévateur spatial. Ce n'est pas la première.

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Thoth Technology, une société canadienne spécialisée dans la production de matériaux, vient de déposer un brevet concernant une tour de 20 km de haut. Baptisée ThothX Tower, elle pourrait servir de point de décollage ou d’atterrissage pour des engins spatiaux. Et ce, en leur faisant économiser 30% de carburant par rapport aux lancements conventionnels depuis le sol. Thoth avait déjà dévoilé en 2009 un prototype de 7 mètres à l’Université York. D’ici cinq ans, elle projette la construction d’une tour expérimentale de 1,5 km. Plus haut que n’importe quel bâtiment actuel.

Mais les Canadiens ne sont pas les premiers, loin de là, à avoir rêvé de relier la Terre à l’espace sans recours à des véhicules. L’année dernière, l’entreprise japonaise Obayashi avait, elle, fait sensation en présentant son projet de câble de nanotubes de carbone long de 96.000 km (un peu moins que le tiers de la distance Terre-Lune) acheminant fret et voyageurs directement dans le vide sidéral. Mais pas avant 2050, le temps de maîtriser la dite technologie des nanotubes… 

Dans le même ordre d’idées, The Liftport Group, une société privée issue de la NASA a lui aussi récemment imaginé un projet similaire. Mais en attendant que la technologie et les fonds, environ 10 milliards de dollars, soient disponibles, ses dirigeants caressent le projet d’un ascenseur lunaire (depuis la surface lunaire, donc), de 2 km de haut, à titre de ballon d’essai. Un projet qui serait déjà réalisable avec les moyens techniques actuels. Et surtout beaucoup moins cher.

Pour quoi faire?

S’ils se réalisent un jour, ces différents projets d’élévateurs spatiaux pourraient rendre plusieurs services à la conquête spatiale, voire à l’humanité toute entière. D’abord, ils rendraient les lancements orbitaux beaucoup moins chers. Aujourd’hui, placer une charge en orbite géostationnaire coûte jusqu’à 40.000 dollars du kilo. Prohibitif, au point que Barack Obama a arrêté le projet des nouveaux lanceurs américains Ares et des capsules Orion, estimé entre 80 et 115 milliards de dollars. Un ascenseur spatial, installé à demeure, pourrait pour ses partisans faire baisser ce prix à… 1,5 dollar du kilo.

Ensuite, ils pourraient rendre quelques services extrêmement précieux. Par exemple, contribuer à acheminer des déchets nucléaires ou toxiques, ou simplement encombrants, dans l’espace, là où, apriori, ils ne gêneront personne. Ou encore permettre l’installation de panneaux solaires géants. Les plus ambitieux, ou les plus rêveurs, parlent ainsi d’un anneau photovoltaïque enserrant la Terre pour subvenir à l’ensemble de nos besoins énergétiques actuels et futurs.

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