Quel genre de patron est Benjamin Biolay ?

Depuis une dizaine d’années, le percussionniste Denis Benarrosh et le bassiste-guitariste Nicolas Fiszman ne quittent pas Biolay d’une mesure. Mais c’est peut-être la première fois qu’ils ont l’occasion d’en parler.

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Ensemble, en se chargeant de tous les instruments et des arrangements, ils viennent de sortir « Trenet », un hommage décontracté et raffiné au grand Charles. Sur la pochette, Biolay partage la signature de l’album avec ses deux fidèles musiciens. Ce n’est pas ordinaire et cela dit combien ils comptent pour lui. Restaient à savoir s’ils le lui rendent bien…

Benjamin Biolay est-il un patron dirigiste ?

Denis Benarrosh – Non, il sait ce qu’il veut mais il laisse faire. Et puis ça fait pas mal d’années qu’on sévit tout les trois dans les studios la nuit. On sait ce qu’il aime, on sait où aller.

Nicolas Fiszman  – Un regard ou un mot suffit.

Le commentaire de Biolay  – Je les ai pas choisis parce qu’ils sont obéissants mais parce qu’ils sont d’excellents musiciens. J’aime me faire déborder par leurs idées. C’est comme une équipe de foot. Si je fais la passe à Nicolas, je sais qu’il ne va pas faire n’importe quoi en remontant le terrain. Je sais aussi que, derrière, Denis est comme une défense centrale solide qui va créer l’équilibre.

Est-il un patron qui écoute ?

Nicolas Fiszman  – Absolument oui. On amène des choses. Il arrive aussi qu’on se batte pour défendre une chanson parce que Benjamin n’a pas de recul et qu’il a tendance à jeter un peu trop vite. C’est vraiment un travail de groupe.

Denis Benarrosh – En général, on sait celles qui vont passer le cap ou pas.  Les essayer en concert aide aussi. Sur scène, on est peut-être plus libérés dans le jeu, lui dans le chant et dans l’interprétation. Les chansons prennent leur vraie dimension.

Le commentaire de Biolay – Je ne fais pas écouter mes trucs à tout le monde, juste à Denis, Nicolas et Thierry Planelle (son agent). Ce sont les trois avis qui comptent pour moi. Un chanteur mène une vie tellement solitaire… Avoir son groupe protège. Encore une fois, c’est comme une équipe de sport, on ne change pas les titulaires. Changer, ce serait à peu près aussi intelligent que se dire «je vais pas bien je vais me couper les cheveux ».

A-t-il changé depuis le temps que vous le connaissez ?

Denis Benarrosh – Dans son comportement pas du tout. Artistiquement non plus mais, par rapport à ses débuts, je trouve qu’il s’assume beaucoup plus comme chanteur.

Nicolas Fiszman  – Il a toujours été une grosse personnalité. Benjamin, on le reconnaît tout de suite. Pas seulement à sa voix mais il y a les textes, l’ambiance de sa musique… Que ce soit un album acoustique, électro ou punk, l’esthétique de Benjamin, c’est la même quelque part. Il a sa patte, et ça depuis le début

L’interview de Benjamin Biolay à lire dans le Moustique du 12 août.

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