Mika tagué comme « pédé »

Un graffiti sur l'affiche annonçant son concert relance le débat sur l'homophobie au quotidien.

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A Florence, ce week-end, des affiches annonçant un concert de Mika ont été taguées. Le mot « frocio » (« pédé » en italien) a été bombé sur le visuel dont on a soigneusement barré le regard du chanteur, comme pour renvoyer l’homosexualité là où certains voudraient la voir cloitrée – dans l’anonymat, le silence et la clandestinité. Dans un premier temps, Mika a préféré ne pas répondre à l’insulte, avant de se raviser et de poster la photo de l’affiche sur son compte Instagram avec le hashtag « Rompons le silence », publication qui, à ce jour, a récolté plus de 22 millions de likes, certains internautes italiens allant jusqu’à présenter leurs excuses à l’artiste.
 
Geste isolé (et non moins stupide) ou signe d’une homophobie tenace dans une société italienne toujours sensible aux discours du Vatican? Va savoir… L’affaire de l’affiche Mika arrive dans une Italie qui, à l’instar de l’Allemagne, n’a toujours pas légalisé le mariage entre personnes de même sexe, alors que le récent referendum en Irlande sur la question semble avoir accéléré le démarrage d’un débat dont le gouvernement de Matteo Renzi ne pourra pas faire l’économie. Selon un sondage publié par La Stampa, plus de 50% des Italiens seraient favorables au mariage pour tous…
 
Ce fait divers, que certains disent n’être qu’une offense mineure, est aussi là pour rappeler que l’insulte homophobe est présente au quotidien dans nos rues et qu’elle vise des gays et des lesbiennes non protégés par un statut médiatique contrairement à Mika. Mika est une star. Qu’il le veuille ou non, son coming out reste un statement politique dont on mesure mal les conséquences – tant négatives (pour lui)  que positives (pour la communauté). Sans être dans le combat militant, des positionnements comme ceux adoptés par le chanteur de Relax servent à donner une meilleure image de l’homosexualité à des jeunes gays souvent fragilisés par des sentiments de déni, de honte ou de haine de soi. Chanteurs, animateurs, journalistes, avocats, businessmen… tous ceux qui avancent au grand jour servent de modèles d’identification pour une jeunesse qui, parfois, pense qu’il est logique d’être discriminé quand on ne fait pas partie de la norme.    

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