« Vinyl », ça tourne bien

Le trailer de la nouvelle série imaginée par Mick Jagger et Martin Scorsese est là. Prometteur. La fresque musclée sur le New York musical des seventies devrait arriver sur HBO au plus tôt fin 2015. 

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C’est assurément un nouveau petit diamant télévisuel que taille de concert depuis un an le duo atypique constitué du réalisateur Martin Scorsese et de Mick Jagger, le leader des Rolling Stones. Outre le fait que le premier avait consacré en 2006 au groupe mythique le documentaire exceptionnel Shine The Light, ce qui soude depuis quatre ans les deux artistes, c’est le projet d’une série sur l’univers de l’industrie musicale américaine. Elle devait s’appeler History of Music mais c’est finalement sous le label Vinyl qu’elle verra le jour sur HBO en 2016.

Pour mener à bien l’ambitieuse série, rien que des références autour du berceau. Martin Scorsese lui-même comme coscénariste, producteur et réalisateur du premier épisode comme il l’avait fait pour sa précédente et prestigieuse série Boardwalk Empire. Mick Jagger a le titre de producteur exécutif ce qui lui permettra de garder un oeil très avisé sur cette décennie musicale qu’il connait bien. Et côté scénario, rien de moins que Terence Winter (Sopranos, Boardwalk Empire) et Georges Mastras (co-auteur de Breaking Bad).

Vinyl, dans un savant mélange cher à Scorsese de chronique socio-culturelle déjantée, va nous (re)plonger dans l’industrie américaine du disque à une période-clé de l’histoire de la musique contemporaine: les 10 ans où la musique hippie passera du zénith au déclin après une apothéose psychédélique, balayée par le rouleau-compresseur disco puis par la déferlante punk bientôt reconvertie new wave.

Au milieu de cette centrifugeuse de sons, de modes, de goûts, d’enjeux financiers, de drogue, de délires et de vrais artistes, se débat Richie Finestra, producteur de disques en quête d’un second souffle tant pour sa maison de disques American Century Records que pour son couple. L’anti-héros a les traits (familiers car déjà vus en caïd mafieux de Boardwalk Empire) de Bobby Cannavale. Son épouse Devon nous ramène à l’écran Olivia Wilde (vue dans Dr House).

Avec une bande-son d’enfer mitonnée par le tandem Scorsese-Jagger, on va traverser l’époque entre embrouilles mafieuses, intrigues autour du business du disquel et moments d’anthologie musicaux notamment dans l’antre de la mythique boîte et salle de concerts CBGB, berceau du punk. Le tout généreusement saupoudré de sexe, drogues et rock’n roll attitudes. Assurément, l’une des prochaines grandes séries. On piaffe d’impatience d’en découvrir les neuf (premiers?) épisodes. Cela nous réconciliera avec le genre « série sur fond d’univers musical ». Car honnêtement, Empire, l’autre série du même type, annoncée comme un must s’est révélée bien décevante, caricaturale, boursouflée de clichés et de situations téléphonées. La vraie série-événement ce sera Vinyl.

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