Tout ce qu’on doit au porno

Au-dessus de la ceinture, aussi, la pornographie nous a changé la vie. Au point d’avoir initié… quasiment toutes les nouvelles technologies. 

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Alors oui, faut-il le rappeler, le X est encore bien trop souvent violent, vulgaire, machiste et misogyne. En cela, il n’a finalement pas beaucoup évolué. Mais il a en revanche fait évoluer de nombreux domaines. Des secteurs plus terre-à-terre mais autrement plus indispensables à la société que la pornographie, à commencer par le paiement en ligne. On se rappelle d’ailleurs des propos de cet expert en sécurité à l’époque des premiers routeurs hauts débits: « Les internautes ne veulent pas payer pour leur musique ni pour leurs livres ou leurs films. Ils ne sont pas non plus très enclins à acheter d’autres biens sur le Net. Non, le seul truc qui arrive à leur faire sortir leur carte de crédit, c’est le porno!« . Utilisé par plus de six millions de Belges l’année dernière, le paiement sécurisé en ligne doit donc son succès aux premiers mateurs virtuels. Mais le contenu pour adultes a également révolutionné notre façon de consommer la culture. Celle avec un “C » un peu plus grand. Si l’adoption massive du livre broché au XXe siècle a été intimement liée au goût des soldats pour la photo érotique, les films pornos ont également donné naissance à… presque tous les supports audiovisuels qui se sont imposés auprès du grand public. De la cassette VHS – préférée au support Betamax notamment en raison de ses accointances avec l’industrie du X – aux chaînes à péage, de la VOD au streaming ou au chat par webcam. Sans oublier les sites de piratage, trustés par le porno dès leurs premiers hurlements. L’Internet haut débit lui-même ne serait d’ailleurs pas aussi rapide aujourd’hui s’il ne consacrait pas 30% de sa bande passante aux contenus sous la ceinture. Face à une telle demande, autant dire que le secteur du X risque bien de donner, encore et encore, le ton de la modernité. Du moins sur la forme. 

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