Séries télé et concours de bits

Drôles, épiques ou carrément paranoïaques, les trois meilleures séries du moment posent un regard fascinant sur les nouvelles technologies.

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Halt & Catch Fire

H&CF s’articule autour de trois personnages principaux dont les destins et les rêves de gloire, au début des années 80, s’entrechoquent à plus ou moins haute fréquence: un bricoleur de génie, une surdouée des lignes de codes et un commercial visionnaire. Hardware, software et marketing, soit la Sainte Trinité du business informatique aujourd’hui. La naissance du PC, l’émergence du jeu vidéo, les premiers pas d’Internet, tout ça sur un bande son mêlant les standards de l’époque et le meilleur de l’électro actuelle. C’est une fiction, mais on y croise parfois Steve Jobs aux détours de clins d’œil absolument géniaux. Et comme H&CF est aux années 80 ce que Mad Men était aux années 60, vous avez une magnifique reconstitution d’époque en prime. La deuxième saison vient de s’achever. Chopez-là d’urgence. (La bande annonce de la saison 1)

Silicon Valley

Une bande d’autistes en retard de développement affectif et social, menée par le concepteur d’un algorithme de compression révolutionnaire, tente de lever les capitaux nécessaires pour fonder sa start up. C’est une comédie basée sur la loi de Murphy: tout ce qui peut mal se passer se passera effectivement mal. Tous les clichés y passent, c’est absolument hilarant, mais on se prend tellement de sympathie pour les gusses en question que ça en devient réellement addictif. Et en même temps, c’est une vision très bien documentée des coulisses de la Silicon Valley, où les cadavres et les vautours sont au moins aussi nombreux qu’aux temps de la ruée vers l’or. Le générique, en forme de time lapse retraçant le développement de la Silicon Valley, de Napster à Uber, est génial. Ici encore, la deuxième saison s’est achevée récemment. (La bande annonce de la saison 1)

Mr. Robot

Cella-là tient du double miracle. D’abord un type avec une tronche aussi hallucinante que Rami Malek s’est dit un jour qu’il avait un avenir comme acteur. Ensuite un directeur de casting lui a donné raison. Et lui a confié le rôle d’Elliot, hacker au petit cœur de beurre et non dénué de valeurs, recruté par un groupe de pirates informatiques décidé à faire péter le système tout entier. Sans bombe, juste quelques clics. Après un pilote proprement époustouflant, l’ensemble perd parfois en cohérence, mais chaque épisode contient l’un ou l’autre morceau de bravoure esthétique ou interrogation délicieusement anxiogène. Pour tout vous dire, on en est déjà au sixième épisode de la première saison et c’est tellement barré qu’on se demande encore si l’essentiel ne se passe pas surtout dans l’esprit dérangé du protagoniste. (La bande annonce de la saison 1)

Pourquoi on les aime toutes les trois?

Dans les trois cas, les enjeux techniques et le jargon associé sont placés directement au cœur de l’intrigue. Sans états d’âme pour le quidam qui n’y comprendrait pas grand chose. Et pourtant, dans ces univers encore largement innaccessibles pour le commun des mortels, ces néo-magiciens que sont les manieurs de codes exercent sur nous une étrange fascination, mêlée de crainte et d’admiration. À la réflexion, c’est normal. Fiction ou pas, après tout, ce sont eux les nouveaux maîtres du monde. 

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