Les résistants de la terre

Les Liberterres

Un documentaire de Paul-Jean Vranken et Jean-Christophe Lamy

80 minutes. Koan Production.

Sortie le 19 août en salle au Vendôme (Bruxelles)

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La terre se meurt. Des décennies d’agriculture conventionnelle, ne lésinant jamais sur les pesticides et les engrais chimiques, l’ont profondément meurtrie. Les promesses de la Révolution verte (qui encourageait l’utilisation de variétés à haut rendement et d’intrants non naturels) n’ont pas été remplies : près d’un milliard de personnes souffrent encore de la faim. Il faut se réapproprier la terre, et ne pas laisser son destin entre les mains des « pharmaciens », comme André Grévisse, agriculteur à Habay-la-Vieille, surnomme les colporteurs de l’agroalimentaire. André, qui fait dans le bio depuis 1990 et a arrêté l’usant élevage de Blanc-Bleu-Belge, est l’un des personnages de l’excellent documentaire « Les Liberterres » de Paul-Jean Vranken et Jean-Christophe Lamy. A ses côtés, il y a Olga, qui détient une petite ferme en Autriche, avec juste quinze vaches mais plein d’idées pour améliorer la distribution de ses produits laitiers. On l’a longtemps prise pour une folle, quand elle a estimé bon de livrer son lait à domicile. Plus au Sud, on retrouve Giuseppe, qui détient de grands champs céréaliers en Sicile, et pourfend une agriculture conventionnelle pleine de chimie mais qui, au final, n’a pas augmenté la production de froment en soixante ans. Et, à cheval entre l’Afrique et le Limbourg, à Alken, il y a Remi Schiffeleers. Bien versé dans l’élevage de chèvres, Remi a été marqué par le souvenir de sa mère attristée par la famine au Biafra. Depuis, il aide des agriculteurs d’Afrique de l’Ouest à se former. Ces quatre résistants, qui ont abandonné l’agriculture conventionnelle, nous plongent dans leurs réflexions et leur quotidien. Tous partagent un constat avec Olivier De Schutter : pour nourrir les neuf milliards d’individus qui s’annoncent en 2050, il faudra une production agricole locale, durable, où, comme le résume bien Remi, « la nourriture est un service et non pas un produit spéculatif ».

 

 

 

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