Un Tour pour rien

Cent millions de coups de pédales, un vainqueur, zéro intérêt.

photonews_10539585-103

C’est fait, la 102e édition du Tour de France est arrivée à bon port. Qu’en retenir?

D’abord, quelques chiffres:

– Tous coureurs confondus, un Tour de France, c’est une centaine de millions de coups de pédales. Pour deux milliards de téléspectateurs. Soit un tour de dérailleur par personne par Tour. Curieux, on aurait dit plus…

– Un écart entre le premier et le vingtième qui n’a jamais été aussi élevé depuis 1969 (victoire de Merckx). En 2015, Chris Froome a devancé le Belge Jan Bakelants, 20e, de une heure 16 minutes et 36 secondes. Cela témoigne de la difficulté de cette 102e édition.

– Un total de 66.000 bouteilles distribuées aux coureurs tout au long du parcours. D’eau claire? On attend les analyses. On le sait, le vrai vainqueur du Tour est décerné aux alentours de décembre, quand on retranche tous les dopés du classement général.

Ensuite, un vainqueur:

Christopher Froome peine à faire l’unanimité. Même chez lui. La reine a annobli Bradley Wiggins après sa victoire en 2012, ainsi que le directeur de l’équipe Sky. Chris Froome, vainqueur en 2013 et cette année, n’a pas encore eu cet honneur. D’ailleurs, les Britanniques rappellent volontiers qu’il n’est pas vraiment des leurs, puisque né et élevé à l’étranger, au Kenya. Demandez à Yannick Noah, c’est pourtant le genre de « détail » qu’on rappelle quand un sportif perd, pas quand il gagne… En revanche, le Britannique s’est ramassé un gobelet d’urine et quelques doigts d’honneur bien sentis tout au long de la route. Soupçon de dopage. Ou racisme de Français moyen… 

Enfin, très peu d’intérêt:

En terminant avec 1 minute 12 secondes d’avance sur Nairo Quintana, Froome n’a pas écrasé la concurrence dans les chiffres. Pourtant, l’impression que les jeux étaient faits s’est imposée dès les Pyrénées, et la démonstration de l’Anglais à La Pierre-Saint-Martin. Une domination qui se traduit en fait dans une autre statistique: le Britannique a passé quinze jours en jaune, soit les deux tiers de la course. Cette tendance s’affirme d’ailleurs depuis quatre ans. Une fois qu’un coureur s’installe en tête, il ne la lâche plus. D’où le manque d’intérêt d’une compétition qui ne réserve plus ni surprises ni véritables émotions.

 

 

 

 

 

Sur le même sujet
Plus d'actualité