Les ailes du plaisir

Quarante ans après ses débuts, Wim Wenders reste un merveilleux conteur et un styliste raffiné. 

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Drame

Every Thing Will Be Fine (3D)

Réalisé par Wim Wenders. Avec James Franco, Charlotte Gainsbourg, Marie-Josée Croze – 115’.

Bonne nouvelle: Wim Wenders est de retour par la grande porte. Après plusieurs années d’errance cinématographique, le réalisateur de L’ami américain et de Paris, Texas nous revient avec le très beau Every Thing Will Be Fine. « Every Thing » en deux mots, renvoyant aux mots du philosophe Béla Balázs: « Le cinéma peut garantir l’existence de toute chose ».

Ce « toute chose », il faudra deux heures au spectateur pour en comprendre le sens. Aller au plus près de la question de la créativité fictionnelle, interroger la culpabilité qui se joue au cœur de toute œuvre d’artiste qui exploite le réel,  découvrir qui est Tomas, le personnage central interprété par James Franco. A la base, c’est juste un écrivain en mal d’inspiration. Et ce pourrait d’ailleurs être Wim Wenders lui-même. Dans un petit village du Grand Nord canadien, sur une route enneigée, il percute violemment un jeune garçon qui traversait la route. Il se sent d’abord coupable. Puis se bonifie, littérairement parlant, en exploitant ce drame dans sa prose. Avant que la réalité ne le rattrape inévitablement.

La 3D, utilisée ici de manière intimiste, accentue par la profondeur de champ l’isolement des divers personnages. Et montre donc comment, maîtrisée par un cinéaste de talent, elle ne sert ni d’illustration ni de gadget tape-à-la-rétine. Mais constitue bel et bien le récit qui se tisse devant nos yeux. Côté scénario, l’égale empathie que témoigne Wenders pour l’écrivain, la mère et l’enfant, ainsi que sa manière de faire progressivement connaissance avec chacun s’avèrent plutôt prenantes. Dommage qu’il délaisse parfois son sujet et se disperse dans des motifs annexes.

 

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