5 drôles d’histoires d’îles

Qui dit île pense vacances, cocotiers et sable fin. Pas faux. Mais pas seulement...

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Un bout de terre, de l’eau tout autour… Quelle que soit leur taille ou leur localisation, les îles fascinent: parce qu’elles isolent, protègent, autonomisent… Et certaines parfois plus que d’autres. Explications.

1. Tristan da Cunha, la plus paumée

Peuplée de moins de 300 habitants, perdue au beau milieu de l’Atlantique Sud à plus de 3.000 km de tout ou presque, cette île britannique est considérée comme la plus isolée du monde, et reste particulièrement inaccessible. D’où l’intérêt des philatélistes pour les timbres qu’un de ses habitants a commencé à émettre, juste après la Deuxième Guerre mondiale. Aujourd’hui, on continue de se les arracher à prix d’or, surtout s’ils sont cachetés au bureau de poste le plus paumé de l’humanité…

2. Mururoa, la plus radioactive

Ce joli atoll très retiré de l’archipel des Tuamotu, en Polynésie, est entré dans les livres d’histoire pour avoir accueilli durant trente ans les essais nucléaires français. 138 au total: d’abord aériens, puis souterrains. 2.300 habitants l’occupaient avant le début des campagnes de tir. Inutile de préciser que plus personne n’y réside aujourd’hui. Mururoa n’est pas la seule île du monde a avoir subi le feu nucléaire, avec les conséquences qu’on imagine sur la flore et la faune. Distant de 45 km, l’atoll de Fangataufa, moins célèbre, a lui aussi connu son quota de tirs nucléaires français. Tout comme Bikini, atoll des îles Marshall, en Micronésie, siège de 67 expériences nucléaires américaines entre 1946 et 1958. Il est paraît-il aujourd’hui possible d’y faire du tourisme, mais à condition de signer une décharge indiquant que l’on renonce à toute poursuite en cas de cancer…

3. Queimada Grande et Izu, les plus inhospitalières

Ces deux îles se caractérisent par leur inhospitalité féroce, mais pour des raisons diverses. La première au large du Brésil est interdite aux visiteurs parce qu’elle abrite la population la plus dense de serpents au monde (un par mètre carré prétendent certains, soit 430.000 bestioles), tous appartenant à une même espèce particulièrement venimeuse… La deuxième est un archipel japonais célèbre pour ses dégagements de fumée toxique, fruit d’une intense activité volcanique, qui empêche quasiment d’y survivre.

4. North Sentinel, la plus vierge

Logée dans le golfe du Bengale, cette île est occupée par une peuplade demeurée quasi totalement à l’écart de la civilisation moderne, davantage encore que les derniers Indiens d’Amazonie. Deux à trois cents personnes y vivraient en autonomie absolue, chassant les pêcheurs qui braconnent dans leurs eaux. L’île est plus ou moins sous souveraineté indienne, qui la protège des intrus, mais comme nul n’y a jamais mis les pieds depuis des siècles, qu’elle n’a jamais été cédée officiellement à personne, elle pourrait techniquement revendiquer son autonomie. Une jolie curiosité de droit international…

5. Zanzibar, la plus courte

L’archipel tanzanien, ancien refuge de pirates, devenu depuis haut lieu du tourisme, est aussi celui ayant officiellement connu la guerre la plus courte de l’histoire mondiale. C’était le 27 août 1896, après que le sultan de l’île, sous influence britannique, eût été remplacé après sa mort par son beau-frère sans obtenir l’aval du consul de sa Gracieuse majesté, ce qu’un traité entre les deux pays exigeait. Les Britanniques considérèrent la manœuvre comme un casus belli. Si le nouveau sultan n’abdiquait pas derechef, l’Empire déclarerait la guerre à l’île. Une escadre fut rassemblée, et un ultimatum posé. Deux minutes après l’expiration de celui-ci, les Britanniques bombardaient le palais. 38 minutes plus tard, le nouveau sultan prenait la fuite, et les tirs cessaient. Fin de la seule guerre anglo-zanzibarite de l’histoire, fin de la souveraineté nationale de Zanzibar…

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