Holmes, sweet Holmes

Sans la débauche de moyens des films estampillés Guy Ritchie, une adaptation plus académique mais réussie de l’univers de Mister Holmes.

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Réalisé par Bill Condon. Avec Ian McKellen, Milo Parker, Laura Linney – 104’.

Au moment où l’on se demande s’il est opportun d’augmenter l’âge de la pension, Holmes, lui, a bel et bien décidé de rempiler pour une ultime enquête malgré son grand âge. Nous sommes en 1947. Et Sherlock, 93 ans et plus toutes ses dents, est depuis longtemps rangé des énigmes. Il vit paisiblement dans le Sussex avec sa gouvernante et son fils, détective amateur, plus de toute première fraîcheur non plus. Mais une affaire vieille de 50 ans le hante encore et toujours. Et même s’il ne lui reste pas beaucoup d’indices à se mettre sous la loupe, si son légendaire pouvoir de déduction a subi le poids des années, et si Watson n’est plus là, Holmes va quand même reprendre du service!

Au-delà du polar assez bien mené, c’est surtout dans ses propos annexes que ce Mister Holmes convainc. Notamment quand le film joue la partition d’une question vieille comme le monde: Peut-on être et avoir été? « Je ne campe pas le « vrai » Sherlock Holmes, celui que tout le monde connaît, élucidant les affaires à tour de bras depuis Baker Street », explique Ian McKellen, excellent de bout en bout sous la redingote. « Le film se concentre surtout sur ce qui s’est passé des années après, en jetant un regard distancié sur l’homme que Sherlock a représenté. Lui qui avait rondement mené sa carrière grâce à son exceptionnelle vivacité d’esprit. Que devient-il lorsque son cerveau se met à fonctionner au ralenti? »

L’air de rien, cette relecture du mythe signé Conan Doyle invite donc à cogiter non seulement sur l’énigme en cours, mais surtout sur les conséquences du jeunisme qui gangrène parfois les mentalités. Le tout grâce à ce film pas trop alimentaire et plus profond qu’il n’y paraît.

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