Le salut nazi, l’histoire d’un geste

La reine d'Angleterre qui dresse le bras à six ans, ça choque. Pourquoi et comment ce geste est devenu le symbole de l'horreur?

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Le tabloïd The Sun a créé la polémique ce week-end en publiant une image d’archive de la reine Elizabeth II d’Angleterre âgée de 6 ou 7 ans faisant le salut nazi en compagnie de sa mère. Une source anonyme proche du palais a souligné que « personne ne savait (en 1933) comment la situation en Allemagne allait évoluer » et que, si jeune, Elizabeth était « tout à fait incapable de donner une signification à ce geste ». Et nous, que savons-nous de ce geste, devenu tabou?
 
Le salut fasciste s’inspirerait à l’origine du salut romain dans l’Antiquité, mais les sources historiques décrivant ce geste manquent. Ce serait notamment la toile Le Serment des Horaces du peintre français Jacques-Louis David (1785) qui aurait imprimé ce symbole, largement repris par la suite, dans les esprits.
Le salut romain inspire ainsi le salut olympique, ce qui explique l’iconographie des olympiades de Paris en 1924 où l’on voit les athlètes, torse bombé, menton levé et bras tendu.
 
C’est le parti national fasciste de Benito Mussolini qui le popularise auprès des fascistes d’Europe (Phalange espagnole, la Garde de fer roumaine et le parti nazi). Les historiens nazis affirmant que c’était ainsi que l’on saluait certains rois au Moyen-âge, le geste devient un instrument central du culte de la personnalité autour du Führer. Au point que l’on parle parfois aujourd’hui de « salut hitlérien ».
 
En 1942, face à l’essor de ce geste dans l’Europe fasciste, le Congrès américain modifie la loi pour remplacer le traditionnel salut de Bellamy, imposé à tous les Américains pour prêter allégeance à la bannière étoilée et jugé trop proche du salut nazi, par une main posée sur le coeur.
 
Aujourd’hui, le salut fasciste est interdit en Allemagne et en Autriche. Ce n’est pas le cas en Belgique, mais on se souvient que le conseiller communal carolorégien Olivier Delcourt a été condamné en 2010 pour avoir tendu le bras, avec un gant noir, de façon non équivoque lors de sa prestation de serment en 2006.

 

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