Dour Festival 2015: le débrief final

Plus de 200.000 spectateurs, cinq jours de fête et de très grands moments musicaux. Bilan d'une 27e édition de rêve.

ambiance

La 27e édition du Dour Festival a débuté le 15 juillet, soit un jour plus tôt que d’habitude, avec un site de la Machine à Feu transformé en discothèque en plein air grâce au mash-up savant des 2 Many DJ’s. Elle s’est terminée aux petites heures ce dimanche avec des DJ. Pendant cinq jours, c’est un total cumulé de plus de 200.000 personnes qui en ont pris plein les oreilles devant les huit scènes dressées fièrement face aux terrils. Les têtes d’affiche ont tenu leur rang -on pense notamment à Lauryn Hill et Snoop Dogg- les curieux ont pu prendre le pouls de la musique de demain et, finalement, tout le monde ressort de la manifestation hennuyère heureux, lessivé mais avec la certitude d’avoir vécu une expérience inoubliable. C’est vrai, en matière de sensations intenses et extrêmes, il n’y a pas mieux que le Dour Festival…

Notre Top 10 concerts

– Romare

– Songhoy Blues

– Miss Lauryn Hill

– Acid Baby Jesus

– Rone

– LA Priest

– Za!

– 2 Many DJ’s

– Nina Kraviz

– Snopp Dogg

 

9 trucs qu’on a aimés

> Mons 2015

La fête, la vraie, la grande, l’inoubliable, a commencé dès mercredi grâce à Mons 2015. C’était tellement fort qu’on a envie qu’ils remettent ça l’année prochaine.

> Le mélange des genres

Tous les festivals pratiquent le mélange des genres, mais Dour le fait un peu plus que les autres. Il n’y a qu’ici qu’on peut enchaîner un concert de metal doom, un artiste qui présente ses nouvelles chansons en français, un vétéran syrien qui fait de l’électro/ethnique  et un DJ rasta qui ne joue que du dub instrumental.

> Le site

Chaque année, le site du festival change. Pas de manière radicale mais, ici et là, les organisateurs procèdent à quelques aménagements et on se sent de mieux en mieux dans cette Plaine de la Machine à Feu. Une preuve que Dour ne dort jamais sur ses lauriers et se remet toujours en question.

> Le labo

Jamais une scène n’a aussi bien porté son nom. Dans ce chapiteau d’une capacité de 2.000 personnes, on a découvert le premier album solo de l’ex-Eté 67 Nicolas Michaux, les collages soniques du producteur londonien Romare, le blues vintage du duo Alaska Gold Rush ou les délires de Za!. C’est  aussi ici que les Grecs d’Acid Baby Jesus ont fait sauter la banque. N’en déplaise à Angela Merkel.

> La chill zone

Un endroit où les festivaliers peuvent se relaxer mais aussi tomber sur de drôles de surprises: un mec qui propose de vous masser les mains dans les toilettes, un autre déguisé en Mad Max qui vous tape dans le dos, ou encore un labyrinthe zarbi dont vous ressortez le corps tapissé de paillettes.

> La classe de Damon Albarn

OK, les ronchonneurs diront qu’il n’est resté que le temps de deux chansons. C’est vrai, mais il n’avait rien promis d’autre. Nous, on dit, quelle classe, le mec. Il affrète un jet privé, rien que pour souhaiter bon anniversaire à son pote Tony Allen, il prend du bon temps, fait l’effort de parler en français au public et repart aussitôt pour aller jouer avec Blur au Portugal. C’est cool.

> La perte de la notion d’espace/temps

A Dour, on voit des DJ sur scène à midi qui jouent comme s’il était 4 h du mat’. Des festivaliers boivent leur première bière (ou la « der des ders ») à 7 h du mat’ et d’autres font la sieste à l’heure de l’apéro avant de vraiment (re)commencer leur journée. On vit en vase clos pendant cinq jours et cinq nuits et c’est plus grisant qu’une pub de SA Adventures.

> La star Mark Ronson

Ok les ronchonneurs diront qu’il est venu cachetonner en mixant ses tubes mainstream, que c’était facile, sans risque et blablabla…  Mais n’est-elle pas là aussi l’audace? Venir dans un festival alternatif et réussir à faire danser toute une plaine avec des chansons qui se vendent par millions d’unités? Nous, on a adoré et vu l’ambiance qui régnait jeudi soir sur le site de la Machine à Feu, force est de constater que nous n’étions pas les seuls. Sa version longue de Uptown Funk reste un des grands souvenirs de cette édition. Ronson a accueilli Moustique dans sa loge pour une interview exclusive à lire dans ces pages très prochainement.

> L’Elektropedia

C’est, sans conteste, la plus belle réussite visuelle de cette édition. Nichée dans une cuvette à l’ombre des terrils et éclairée par quatre tours munies d’écrans LED, l’Elektropedia Balzaal a fait vibrer jusqu’aux petites heures. Et pas seulement les fans d’électro. Un festival dans le festival. On se demande même si ses habitués sont allés voir ce qu’il y avait  sur les autres scènes.

 

Le truc qu’on n’a pas  aimé

> L’odeur

Ami festivalier, sache-le, même à Dour, si tu ne prends pas de douche pendant cinq jours, tu sens mauvais. Ami organisateur, sache-le, prévoir un peu plus de douches, ça peut aider aussi…

 

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