A Spa, La Cécité se fait élégante, Romano secoue, Alice séduit, Kid Noize et Quentin Mosimann animent

Après avoir raté le premier jour dont on nous a vanté les concerts d'Arno, Sharko et Gonzo, cap sur la cité thermale pour un samedi peu enthousiasmant malgré la claque de la Cécité des Amoureux.

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Romano Nervoso

C’est sous un soleil de plomb que le rockeur de La Louvière ouvrait les hostilités sur la scène « Sabam » qui est assurément la plus excitante de ces Francofolies. Avec son rock qui cogne fort, son côté « Big Lebowski » hennuyer, Romano Nervoso harangue la foule clairsemée et ne manque pas de rappeler qu’il a somme toute très peu sa place dans le festival. Il ne se passe pas un morceau pour qu’il demande au public de bouger « même si celui-ci est plus habitué à Quentin Mosimann ou Suarez ». Un bon moment rock avec le sourire en prime.

La Cécité des Amoureux

Le coup de coeur de la journée et peut-être déjà du festival. Une pop bourrée d’élégance, racée, typée qui rappelle Pierre Lapointe, Barbara ou même des Négresses Vertes.

Prenant possession de la scène avec l’agilité et la justesse des grands, le chanteur captive et vous emmène dans leurs magnifiques histoires. Car les bougres savent y faire en écriture et composition.  Et de les voir sur cette nouvelle scène du Village dédiée au Franc’Off, en lieu et place des scènes en ville, on applaudit et remercie les organisateurs pour avoir offert un tel écrin à de telles perles.

Cali

Comme à son habitude, Cali a enflammé le public. Comme d’habitude, Cali a séduit les adeptes et saoulé les rétifs à son énergie sans filtre. Le problème avec Cali est que son dernier album, beaucoup plus en retenue et sobriété, colle moins avec ses envolées physiques et lyriques. Après trois chansons, Cali avait déjé sauté au milieu de la foule, invité les photographes à le rejoindre sur scène, dansé avec les traductrices en langue des signes et harangué dix fois le public. Pourquoi pas? Nous sommes du côté des amateurs de Cali mais il ne surprend plus et c’est peut-être là qu’on ressent un malaise. On aimerait tellement encore hurler au bonheur avec lui.

Alice On the Roof

Alice Dutoit, c’est un phénomène. Oubliée la grande soeur un peu gauche de The Voice sortie de sa chorale montoise, Alice est devenue Alice on The Roof.

Avec un seul EP de 5 titres , elle crée des embouteillages monstres devant les scènes, remplit l’AB (et bientôt le Cirque Royal). Et elle séduit le public qui en redemande et semble conquis par son electro-pop. Alors, bien sûr qu’Alice on the Roof est certainement promise à une belle carrière. Alors, oui, elle a le contact facile, même si on l’a trouvée un peu émoussée et fatiguée hier, avec le public et oui, mille fois oui, ses chansons sont sympas. Mais le buzz est exagéré et pourrait la désservir. Parce que sur scène, elle a encore beaucoup à apprendre et à travailler. Sa communication inexistante avec ses musiciens surprend voire déplait. Son répertoire est évidemment encore un peu mince pour répondre à tant d’attentes et on aurait envie de lui rappeler le cas de Stromae qui avait su se faire attendre et désirer.

On attend avec impatience son album et sa tournée en salle pour lever nos craintes d’un « trop vite, trop grand ».

Quentin Mosimann et Kid Noize

Pas frapper sur la tête! A aucun moment, nous ne mettons les deux artistes sur la même ligne. Mais les Francos avaient eu la bonne idée de les faire jouer l’un après l’autre en soirée dans le Village, alors on a enchainé. Si Quentin Mosimann a déroulé tube FM sur tube FM, faisant le show, son grand sourire communicatif en permanence, Kid Noize était là pour présenter ses propres compositions et son label.

L’homme à la tête de singe avait invité ses potes,… et des joueurs de football américain, sur scène devant un public de la scène Sabam surchauffé.

Les deux bonshommes sont de véritables entertainers de haut vol. Avantage à Kid Noize pour l’originalité des compositions et à Quentin Mosimann pour la générosité du show. Il est sûrement reparti avec la certitude d’avoir offert à un excellent moment à ceux qui étaient à Spa pour la fête. Et il a bien raison.

Mais aussi…

Alors que Kid Noize déchainait le parc, le Québécois Antoine Corriveau jouait au même endroit que LCDA quelques heures avant. Au coeur de la nuit spadoise, avant qu’un énorme orage gronde, il a très joliment bercé la fin de soirée de plusieurs festivals. Avec son air de Stanislas venu du froid, sa voix tout en retrait et cette élégance avec les mots que seuls les Québécois ont, il a offert un très beau moment suspendu aux personnes présentes. Antoine Corriveau est un jeune espoir de la chanson québécoise et on espère le revoir en salle où ses compositions doivent prendre encore plus de force.

A l’autre bout de Spa jouait sur la scène principale Florent Pagny pour la première fois depuis 11 ans. On a tenu 4 morceaux. Le chanteur français ne ment pas à son public et, bien entouré par d’excellents musiciens, le coach de The Voice enchaine ses tubes au plaisir d’un public conquis et acquis. Nous, on a tenu 4 morceaux.

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