Le paradis fané de Mika

La cool pop du fou chantant manque de couleur. Le début de la fin

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C’est vrai, nous avions presque oublié que, voici quelques années, Mika était promis à devenir une pop star énorme, une sorte d’Elton John de la génération Instagram. Sauf qu’aujourd’hui, on l’a tellement vu à la télé(réalité) qu’on ne sait même plus si le métier de chanteur l’intéresse encore. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que « No Place In Heaven », son quatrième album, laisse planer quelques doutes sur la question.

Enregistré en parallèle à l’émission de The Voice, la plus belle voix dont il était juré (après avoir déjà participé à X Factor pour la RAI), « No Place In Heaven » est très coloré à l’image de sa pochette mais, sur la longueur, reste dépourvu de tout effet de surprise. Au mieux, on croit entendre, çà et là, des nouvelles versions de ses premiers tubes. Au pire, ça sent le plagiat à plein nez. Comment ne pas penser en effet au tube rital Sara perche ti amo de Ricchi e Poveri à l’écoute de Talk About You ou à Can’t Stand Losing You de Police quand il chante le refrain de Hurts?

Malgré cette impression de déjà vu, il y a pourtant de belles choses à sauver sur ce disque qu’on aurait aimé être plus abouti. Mika garde ses tics mais oublie l’électro tendance pour privilégier le piano, instrument où il excelle. Et quand il s’applique sur son sujet, ce qui lui arrive trop rarement ici, il reste maître de son art. Quand il oublie de faire des copier-coller, il réussit à imposer des refrains pop emballants (la plage titulaire No Place In Heaven) ou à toucher nos cœurs (la ballade dépouillée J’ai pas envie). Sur Last Party, autre titre à sauver de ce disque fainéant, il rend hommage à son idole Freddie Mercury. Pour le reste, on reste dans la cool pop éphémère évocatrice, quelques crans en dessous néanmoins, de son premier album « Life In Cartoon ». On ne peut s’empêcher de penser que le garçon tourne en rond et a passé plus de temps chez le coiffeur que sur ses partitions.

Le 23/9 à Forest National.

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