L’empereur aux mille vierges

Mœurs sexuelles, déviances, femmes légitimes ou escapades adultères… Moustique vous révèle l'intimité des puissants. Cette semaine: Mao Tsé-toung. 

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Dans l’immense palais présidentiel de Mao à Pékin, des soirées dansantes sont organisées où son garde du corps lui présente des jeunes danseuses et musiciennes membres de la Troupe d’action culturelle de l’Unité de la garnison centrale, sélectionnées pour leur physique, leur discrétion et pour leur ferveur envers le chef. Pour chacune d’elles, être choisie pour une danse (alors que Mao dansait comme sur un rail, « poussant sa partenaire tout droit à travers la pièce et retour ») était une bénédiction. Que dire de celles qui étaient invitées à « lui faire son thé » dans sa chambre, contiguë à la salle de bal… « Il n’y a jamais assez de place dans son immense lit pour accueillir tout le monde, parfois trois, quatre ou cinq jeunes femmes simultanément », raconte son médecin personnel. 

Elles découvraient alors l’intimité du Grand Timonier. Sa peau « comme du beurre, délicate et sans poils », mais aussi son hygiène déplorable. Mao a toujours refusé d’utiliser deux inventions occidentales: la chasse d’eau, ses gardes du corps le suivaient avec une pelle dans le jardin afin de creuser des trous pour les présidentiels besoins, et la brosse à dents. Il se contentait de se rincer la bouche avec du thé le matin, mâchant ensuite les feuilles. « On dirait que les dents du président sont recouvertes d’une couche de peinture verte », décrit ainsi Peng Dehuai, cadre du parti et ancien ministre de la Défense. Mao ne se lavait jamais. Une perte de temps selon lui. Ses assistants le frottaient avec des serviettes humides et chaudes chaque soir, pendant qu’il examinait des documents. Concernant ses organes génitaux, « je me lave dans le corps des femmes », expliquait-il à Li Zhisui. Il transmet d’ailleurs massivement une maladie vénérienne dont il est porteur sain. Quand son médecin lui recommande quelques mesures pour éviter la contagion, Mao répond: « Si cela ne me fait pas de mal, c’est sans importance ». 

Il faut dire que malgré ces désagréments, ses jeunes maîtresses sont ravies d’être élues. L’une d’elles dit au sujet du Grand Timonier: « Tout ce qu’il fait est fantastique, absolument enivrant ». Li Zhisui rapporte également que « les filles étaient fières d’être infectées. La maladie transmise par Mao était un signe honorifique témoignant de leurs relations intimes avec le président”…

Retrouvez la série “Dans la chambre des grands hommes » dans Moustique.

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