Le piétonnier mis à pied?

Circulation bordélique, rues insalubres, insécurité la nuit... Le centre-ville de Bruxelles s'en est pris plein la tronche depuis son ouverture aux piétons. 

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De jour, c’est un véritable plaisir de débouler sur un immense boulevard Anspach déserté par les voitures, leurs échappées de CO2 et leurs nuisances sonores. Aujourd’hui, l’artère est un lieu plutôt paisible où de nombreux badauds flânent de terrasse en boutique. Vers 14 h, les poubelles sont à peine remplies et seules les feuilles des arbres fruitiers parsèment les rues du piétonnier. On croise d’ailleurs un employé de Bruxelles-Propreté qui bosse relax: le plus gros du travail a été fait ce matin. 

De nuit par contre, l’ambiance est tout autre. Le lieu est devenu incontournable pour une jeunesse bruxelloise éméchée qui déambule de façon confuse ou s’installe à même le sol pour entamer un godet. Mais également pour une population, comment dire… pas toujours rassurante. Karine Lalieux (PS), échevine de la Propreté à la Ville, parle même de « bandes délirantes et agressives » n’ayant aucun respect pour l’ordre public. Quelques alcooliques effraieraient des riverains aux petit matin et jetteraient même leurs canettes sur les nettoyeurs dès leur arrivée sur les lieux, à 6h30. Et ce n’est pas tout. Sur les réseaux sociaux, les internautes sont nombreux à dénoncer la soudaine insalubrité des lieux à coup de clichés montrant canettes de bière et autres déchets jonchant le sol, des poubelles débordantes et même certains meubles défraîchis abandonnés… Face à un tel dépotoir, on se surprend à prier le ciel pour que Jean Quatremer, le correspondant français de Libération à Bruxelles déjà auteur de Bruxelles pas belle ne passe pas par ici prochainement.

Du côté de la commune, on ne nie pas l’évidence. « Les photos des internautes sont imparables, admet Nicolas Vazquez, directeur de la Cellule Propreté Publique à Bruxelles. Mais très franchement, si on s’attendait certes à une surcharge de travail, on était loin d’imaginer que certains mettraient la ville sens dessus dessous et que le piétonnier serait aussi infect chaque matin. » Il n’y a pourtant aucun problème d’insalubrité à Bruxelles-les-Bains, s’étonne Karine Lalieux, indignée. « Là-bas, les riverains sont habitués à ce que la zone devienne piétonnière et ne se déchaînent pas comme ici. » Pour elle, le temps exceptionnellement chaud et la période des vacances ont certainement poussé les Bruxellois à sortir plus et plus longtemps, mais ne justifie en rien l’état déplorable des lieux en fin de nuit. Non, le problème vient plutôt “ u manque d’éducation des gens qui fréquentent le lieu”, une fois la nuit tombée…

Retrouvez l’article sur le piétonnier du centre ville dans Moustique.

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