Peut-on encore arrêter Uber?

Malgré les bannissements et les poursuites, le taxi underground n'a jamais eu autant la cote. Au point d'être devenu intouchable?

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Plus on essaie de le stopper, plus il accélère. Les chauffeurs de taxis ont beau déverser toute leur haine à son encontre, multipliant les agressions, voire les traquenards, Uber tient bon et en profite même pour s’offrir un joli buzz: dans l’hexagone, le service de covoiturage payant est devenu l’appli la plus téléchargée sur iPhone au lendemain de la grève des taxis français. Et ses utilisateurs de cracher en retour leur venin à la gueule des taximen. La France qui, comme l’Allemagne, s’apprête pourtant à bannir Uber de son territoire. Mais la firme de San Francisco semble déjà au-dessus des lois. Parce qu’elle ne paie ni charges sociales, ni impôts ni TVA. Mais aussi parce qu’on ne voit pas très bien comment une mesure pourrait interdire un tel service. Uber est-il dès lors devenu intouchable? On serait en droit de le penser. Sauf que…

Les autorités n’ont pas dit leur dernier mot 

Même en Belgique. Si le nouveau « Plan Taxis » bruxellois pourrait lui offrir un cadre légal, les autorités assortiront forcément cette légalisation au paiement de taxes et charges salariales. Uber survivra-t-il à une nette augmentation de ses tarifs? Plus radicale, une autre solution consisterait à interdire carrément le service. En France, la société et deux de ses responsables seront d’ailleurs jugés le 30 septembre prochain devant le tribunal correctionnel pour pratique commerciale trompeuse, complicité d’exercice illégal de la profession de taxi et traitement de données informatiques illégal. Voilà qui pourrait sonner le glas d’Uber. En France en tout cas. Avant qu’une autre appli du même genre ne fasse son apparition dès le lendemain?

Uber pourrait bien vaciller tout seul 

Avec une valorisation boursière trois fois supérieure à celle de n’importe quelle compagnie aérienne, Uber semble d’une solidité absolue. Sauf que ses chiffres ne seraient pas aussi mirobolants. Si la société n’est pas cotée en Bourse et qu’elle ne publie donc aucune donnée financière, l’agence Bloomberg s’est procuré un document récemment transmis à de potentiels investisseurs. Celui-ci ferait état d’une perte opérationnelle de 470 millions de dollars sur l’année 2014. Une info non confirmée par Uber mais qui semble néanmoins crédible au vu des récentes levées de fonds destinées à financer ses pertes tout en préservant sa trésorerie. Il faut dire qu’Uber ne cesse de mettre la main à la poche pour s’implanter sur tous les continents, multiplier les campagnes promotionnelles et les opérations marketing pour recruter de nouveaux chauffeurs. Malgré son succès, Uber n’a donc pas encore démontré la viabilité de son modèle économique. Pas grave, répondent en cœur ses dirigeants. Selon eux, les positions acquises aujourd’hui par Uber seront difficiles à remettre en cause à l’avenir… 

 

 

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