On a testé le nouveau site de l’Afsca

Des fourchettes, des smileys. Mais question concurrence, les grands guides n'ont pas forcément de mouron à se faire.

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Dès avril 2014, elle avait annoncé qu’elle s’y préparait. Depuis mardi, c’est fait. L’Agence fédérale de contrôle pour la sécurité de la chaîne alimentaire a ouvert son site où chacun peut consulter les résultats des inspections qu’elle effectue plus ou moins régulièrement. Restaurants, snacks, bars, supermarchés, traiteurs, bouchers… Quiconque dans ce pays manipule des denrées alimentaires et est en contact direct avec le consommateur est concerné. Un nombre de fourchettes cote l’établissement visité, de une à quatre selon que le résultat est jugé insatisfaisant (ou méritant un contrôle ultérieur), satisfaisant, bien ou très bien. Pour l’ »excellent », on a droit à un petit smiley en sus, histoire de bien marquer la différence.

On a visité le site, afin d’apprécier son efficacité. Premier constat: cette application intitulée Foodweb est super lente. Est-ce parce que nous sommes le premier jour et que tout le monde s’est rué dessus? On espère… Deuxième constat: même si on sent le vœu pieu de l’Afsca de rendre l’environnement aussi convivial que possible, on reste bien dans un service public belge. C’est dire la rigidité de l’ensemble, loin des grands sites prescripteurs de l’univers de la gastronomie. Ce n’était pas forcément le but mais quand même…

Troisième constat: tout le monde n’est pas coté. Loin de là. En fait à peine un établissement sur deux a déjà reçu un score. Les autres sont encore en attente d’une prochaine inspection. Quatrième constat: comme le précise le site, aujourd’hui, seulement 2228 enseignes peuvent se vanter de posséder le sésame suprême. Il y a de tout: pas mal de grandes surfaces, des Quick, des MacDo, des hôpitaux, des snacks mais heureusement aussi des petites boulangeries, des boucheries, des restos, des artisans. Cela ne fait pas des autres adresses des lieux à éviter d’autorité mais comme le craignaient de nombreux détracteurs à l’initiative de l’Afsca, on subodore déjà la pression mise en place. De Karmeliet à Bruges, par exemple, l’un des trois seuls restos triplement étoilés de Belgique, possède certes quatre fourchettes, mais pour le smiley, c’est bernique. Monsieur Michelin s’en offusquera-t-il un jour?

FoodWeb en ligne.

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