L’arnaque de la retraite à 67 ans

Les pensions vont être réformées en plein été. Pratiques, les canicules: ça empêche les esprits de s'échauffer.

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C’est passé. Pas tout à fait comme une couque, mais c’est passé. La Commission des Affaires sociales de la Chambre a approuvé – majorité contre opposition, comme on dit – le relèvement de l’âge légal de la pension souhaité par le gouvernement Michel. Ce sera 66 ans en 2025. Puis 67 ans en 2030.

Sauf que, en attendant l’examen du texte en séance plénière à la Chambre, la semaine prochaine, un collectif d’une trentaine d’universitaires belges a jeté un fameux pavé dans la mare de la coalition suédoise: « Aujourd’hui, en Belgique, on compte 600.000 chômeurs. Augmenter l’âge de la retraite de deux ans, cela signifierait 300.000 postes de travail en moins ». Le même collectif dénonce en fait l’approche « bêtement » mécanique et comptable d’une mesure appliquée à la hussarde et sans réel débat de fond: un vieux qui travaille, c’est un vieux qui coûte moins cher. Forcément.

Et bien non. La mesure, outre qu’elle est impopulaire, ne devrait pas du tout atteindre son objectif, puisque les économies réalisées d’un côté en matière de pensions seraient mangées par le surcroît d’allocations de chômage à verser de l’autre côté. À moins bien sûr que d’ici 2025 ou 2030, un autre gouvernement ait supprimé les allocations de chômage, par exemple. Genre au début de l’été. Et de nouveau sans engager de vrai débat de société. C’est très pratique, les canicules. Ça empêche les esprits de s’échauffer. Même si, pour reprendre la conclusion du groupe de chercheurs:  » « La réforme des pensions crée un déficit démocratique gigantesque ». 

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