Les plaisirs du Roi-Soleil

Moustique vous révèle l’intimité des puissants. Cette semaine: Louis XIV.

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Louis XIV faisait preuve d’une virilité hors norme. Contrairement à son arrière-petit-fils Louis XV, plus libertin que séducteur, ou de Louis XVI, peu porté sur la chose, le Roi-Soleil fut un infatigable Casanova, à l’origine d’une descendance (légitime et naturelle) de plus de vingt enfants. C’est vers l’âge de 14 ans que le jeune monarque découvre les traces d’un « liquide consistant et de grande quantité ». Tandis que toutes les dames de la cour veulent être les premières à honorer le roi et se dépoitraillent allègrement sur son passage, l’éducation sexuelle du jeune Louis est confiée à une femme de quarante ans, la baronne de Beauvais, dite Cateau la Borgnesse, à qui il manque un œil. C’est elle qui dépucelle le roi à 16 ans. Celui-ci ne semble pas en avoir gardé mauvais souvenir, puisque Louis XIV veillera à la protection de sa première maîtresse jusqu’à sa mort.

A vingt ans, le jeune roi vit sa première passion amoureuse pour Marie Mancini, nièce de Mazarin, dont il a déjà séduit la sœur, Olympe. Fou d’amour pour cette jeune femme qui n’est pas de rang royal mais qui possède esprit et beauté, Louis XIV courtise Marie dans les bals de Fontainebleau. Sous l’œil mécontent de Mazarin qui lui a trouvé une meilleure alliance. Ça sera l’infante d’Espagne. En 1660, après avoir « arraché » Marie de son cœur, Louis XIV épouse la timide et pieuse Marie-Thérèse d’Autriche, et décide dès lors qu’il gouvernera seul. Tout en honorant la couche royale chaque soir (la reine lui donnera six enfants dont un seul a survécu), Louis XIV se lance sans vergogne dans ses premières passions adultères.

La plus brûlante s’appelle Louise de La Vallière, qui devient la première favorite. Louis lui dédie de nombreuses fêtes, légitime leurs deux enfants avant de succomber au charme ravageur d’Athénaïs de Montespan, dont il aime le « charme exotique » et qui lui donnera huit enfants. Louis XIV s’affiche avec les « trois reines » en même temps. La sexualité du roi devient une affaire d’Etat. Jean Teulé, dans son désopilant roman Le Montespan consacré au plus grand cocu de France, dépeint un Louis XIV très exhibitionniste, qui n’hésite pas à « trousser la Montespan devant les domestiques ».

En 1682, Versailles devient la résidence officielle du roi, modifiant profondément l’étiquette de cour. Afin d’éviter la colère de sa favorite, qui lâche un jour deux ours dans la chambre d’une rivale, il fait construire dans les jardins de Versailles bosquets et grottes pour abriter ses amours secrètes. Attentif aux maladies vénériennes qui lui font rechercher de jeunes pucelles, Louis XIV bannit la prostitution hors du château.

C’est à peu près à cette époque que Madame de Montespan est remplacée dans le cœur du roi par la future Madame de Maintenon. Au départ chargée de l’éducation des enfants naturels de la Montespan (bien vite sommée de quitter ses appartements), Françoise d’Aubigné, veuve Scarron, âgée de trois ans de plus que Louis XIV, insuffle à Versailles un esprit bien moins coquin. Prenant par la religion le roi vieillissant, elle fait construire la Chapelle royale et l’épouse secrètement en 1683, après la mort de la reine. La chambre de Madame de Maintenon devient la chambre du roi, jusqu’à sa mort en 1715. Quelques jours avant de mourir, après 72 ans de règne, il fait appeler Madame de Maintenon et lui souffle: « Je sais que je ne vous ai pas rendue heureuse, mais je ne regretterai que vous ».

Retrouvez la série Dans la chambre des grands hommes dans Moustique.

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