Dans la loge de Muse

Muse a clôturé ce dimanche le festival de Rock Werchter. Deux heures avant le show,  leur bassiste Christopher Wolstenholme nous accueillait  backstage dans sa loge. Un gars cool, le Chris...

Dans la loge de Muse

A 36 ans, Christopher Wolstenholme n’est pas seulement le bassiste et compositeur d’un des plus célèbres groupes de la planète. C’est aussi un des mecs les plus sympas du circuit rock, un fan de foot et un papa poule de… six enfants. Il nous a accueilli pour un bref mais sympa tête-à-tête avant d’enflammer le cœur de 88.000 personnes.

Vous êtes sur la route depuis un mois seulement avec Muse, comment vous sentez-vous?

Christopher Wolstenholme. – Je suis super excité! C’est le début de la tournée et c’est bien de commencer par les festivals. Parce qu’on joue devant énormément de gens, bien sûr, mais aussi parce qu’en festival,  nous pouvons nous concentrer sur la musique et sur nos nouvelles chansons. Cet été, on n’amène pas toute la production scénique avec nous. Le gros show, les drones, les décors, les écrans…  Tout ça, ce sera pour les salles.   Sur les festivals, on veut se faire plaisir et  présenter notre nouvel album à nos fans bien sûr, mais aussi à un public qui ne nous connaît pas.

Avec « Drones », vous dites que vous avez voulu réapprendre à être un groupe de rock.   Muse avait perdu cette notion de groupe avec les années et le succès?

Ch. W. –   Avec notre avant-dernier album « The 2nd Law », nous étions allé très loin dans l’expérimentation. Même si nous étions très satisfaits du résultat, nous ne voulions plus recommencer. Pour « Drones », la première questions que nous nous sommes posée était la suivante:  « dans quel était d’esprit étions-nous lorsque nous avons enregistré notre tout premier album « Showbiz » en 1999? » A cette époque, cela faisait cinq ans qu’on jouait ensemble et nous pensions que nous étions le meilleur groupe de rock de la planète, ce qui était faux bien sûr.  On avait une attitude arrogante et lorsqu’on s’est retrouvé en studio avec le producteur John Leckie, on s’est rendu compte que nous avions encore beaucoup de choses à apprendre. Nous étions dans nos petits souliers, nous avions la trouille de ne pas être à la hauteur et, c’est là, qu’on s’est senti comme un vrai groupe de rock qui voulait en découdre. Bien sûr, quinze ans plus tard, on a davantage confiance en nous, mais c’est cet esprit d’équipe qu’on a essayé de retrouver. « Drones », c’est trois mecs en studio qui jouent dans la même salle avec leurs instruments. »

« Drones » est présenté par Muse comme un concept album. C’est quoi votre disque concept préféré de tous les temps?

Ch. W. –  Pour moi, « The Wall » de Pink Floyd répond le mieux à la notion de concept album. Mais, avec « Drones », nous n’avons pas spécialement voulu raconter une histoire comme dans « The Wall ».  Aujourd’hui, les gens n’écoutent plus un album en entier, ils piochent une chanson ici, une autre là… La notion de « concept album » est obsolète, mais on a eu envie de faire un  disque où tous les morceaux tiennent ensemble.  Le plus beau compliment qu’on puisse me faire avec « Drones », c’est qu’on me dise: « j’ai écouté ton disque du début à ma fin et j’ai ressenti quelque chose de fort ». Moi, c’est exactement l’impression que j’ai eue, lorsque  ado, j’ai découvert « Nevermind » de Nirvana.

Vous êtes marié et père de six enfants.  Comment réagirez-vous  quand l’un de vos gosses vous dira: « papa, je veux faire le même métier que toi »?

Ch. W. – C’est déjà arrivé.  Ma fille, qui est âgée de treize ans,  est très douée. Elle chante, joue du piano. J’essaye de l’encourager mais j’aimerais surtout qu’elle s’amuse dans ce qu’elle fait. L’industrie du disque est un milieu très difficile et je connais beaucoup de musiciens  doués qui n’y sont pas heureux.  Pour l’instant, je suis son premier fan mais je lui dis aussi d’avoir un plan B au cas où… Ma mère m’avait dit la même chose. Mais je n’en ai jamais eu de plan B. Je sais que si Muse arrête demain, je continuerai à faire de la musique. Hormis ma famille, rien d’autre ne m’intéresse.

Quelle est l’endroit le plus insolite où vous avez entendu une chanson de Muse?

Ch. W. – En dehors de Muse, je passe tout mon temps avec ma famille. J’accompagne chaque week-end un de mes fils au foot. On est là avec d’autres parents, on se retrouve au bord du terrain, on regarde nos gamins jouer, on  boit un coup à la buvette et ça m’arrive alors d’entendre une chanson de Muse qui passe en fond sonore. Et je vous jure que dans ces moments là, je crois que c’est un autre mec que moi qui joue de la basse dans ce groupe…

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